On a roulé avec le proto Alpine A450b...

L'écurie Signatech-Alpine utilise un simulateur français Ellip6. Nous l'avons testé en compagnie des pilotes maison.

A la base, un essai de simulateur inquiète. S'agit-il d'un simple jeu type arcade amélioré ou d'une réelle reproduction visant à aider les pilotes et à peaufiner la mise au point ? Seconde réponse concernant le système proposé par la société Ellip6. Les pilotes de l'écurie Signatech-Alpine utilisent ce dispositif à longueur d'année pour s'entrainer. Nous aussi, nous avons souhaité piloter l'A450b. Découvrez cet essai (virtuel) en vidéo.

L'antre de la simulation

Cocorico, la confection et le développement de ce simulateur sont français. Nous devons l'Ellip6 à Pierre Tantot, un passionné de robotique et d'automobiles qui fabriquaient des drones militaires auparavant, devant atterrir sur des navires en mer. D'où l'idée d'une plate-forme à correcteur d’assiette, mais les vérins lents et brutaux sont remplacés par six axes motorisés électriquement. Le système, dont le coût varie entre 65 et 100.000€, intéresse rapidement les pilotes pros et des écuries, dont Signatech. "Notre plus grande force est d'avoir beaucoup de retour des pilotes. Notre satisfaction est d'entendre en retour que la modélisation est réaliste. Le plus dur est de trouver les bons canaux de commercialisation, surtout à l'export" avoue le président d’Ellip6 et créateur Pierre Tantot. Il s'en sort plutôt bien puisque 180 simulateurs circulent déjà dans le monde. Retrouvez ses propos en vidéo, ainsi que ceux du pilote officiel Signatech-Alpine Nelson Panciatici et du Directeur de Signatech-Alpine, Philippe Sinault.

Gain de temps précieux

Ce genre de simulateur devient une aide cruciale en course auto. "Nous avons de moins en moins d'essais en championnat du monde d'endurance et le temps passé au volant se réduit » explique Philippe Sinault, directeur de Signatech-Alpine. Avant chaque course, les pilotes passent une journée à tour de rôle (pour éviter la bagarre !) en simulateur, installé dans les locaux Signatech à Bourges (18). "On tourne à trois dixièmes des chronos réels. On acquiert les automatismes de pilotage, on peut travailler sur la consommation, sur les rapports de boîte, la dégradation des pneus, les conditions météos, le trafic... On s'appuie à fond sur la théorie, sur le virtuel, d'autant plus quand on ne connaît pas le tracé" ajoute Nelson Panciatici, double champion d'Europe d'endurance. "J'ai quand même du mal à ressentir la vitesse. En vrai, je roule beaucoup plus au feeling !" confie le pilote. A voir comment il évolue au volant du simulateur, il n'est pas là pour rigoler. L'esprit de compétition revient vite, quitte à couper des chicanes pour doubler son coéquipier Paul Loup Chatin. Retrouvez l'interview de Nelson Panciatici en vidéo en cliquant ici.

A l'action

On ne plaisante pas une fois sanglé. On s'aperçoit vite qu'il ne s'agit pas d'un jeu d'arcade où l'on glisse une pièce et où l’on fonce sans réfléchir. Voir la vidéo. La concentration est de mise et le pilotage doit rester académique. Le graphisme et le son sont certes moins soignés que ceux de l'excellent Forza 6 (Microsoft, X-Box One). Mais l'effet "Waouh" nait de la qualité du ressenti et de la satisfaction à piloter vite et bien. Le moindre égarement ou excès de confiance est sanctionné. Le drift ? Il faut oublier, sous peine de finir en toupie. La bataille contre les concurrents ? Elle doit s'exécuter dans les règles de l'art car à la moindre touchette, la galère est assurée : pneus, contre-sens, graviers.... Il faut donc apprivoiser le simulateur et augmenter le rythme progressivement. Le freinage dégressif n'est pas réalisable en raison de l'absence de dosage des freins. Le retour de force dans le volant existe, mais n'est guère poussé. Ellip6 en est conscient et vient de sortir un nouveau volant, que nous n'avons pas pu essayer. L'effet de vitesse provient des écrans latéraux, à n'observer que ponctuellement : placements, ennemis dans le rétro, ailes proéminentes. Réaliste selon les pilotes officiels, la vue embarquée est donc cadrée par les ailes, qui limitent la visibilité sur les roues. Il faut s'habituer et certains s'y font vite, au point d'égaler les chronos des pilotes officiels. Bravo chers confrères !

Sueurs et adrénaline

La gestion du trafic occasionne de sacrées bagarres et ajoute du piment, comme dans la vraie vie. Les mouvements issus des six axes électrisés ne sont pas aussi violents que ceux du simulateur I-Way. Tant mieux, ils restent progressifs et permettent de rester concentrer sur le pilotage, complexifié lors de notre essai par le tracé exigeant du Nürburgring F1. Le dénivelé et les virages en aveugle corsent encore le tout. Bref, on ressort vidé d’une telle séance de simulation et surpris par les sensations procurées. La bonne nouvelle est que cet entrainement virtuel est proposé au public et reste accessible (à partir de 10 €). Retrouvez toutes les infos en ligne sur le site d'Ellip6 : tarifs, centres de simulations.

N'oubliez pas de regarder la vidéo de l'essai de ce simulateur, incluant des interviews du pilote officiel Nelson Panciatici, du créateur d'Ellip6 Pierre Tantot et du directeur de Signatech-Alpine, Philippe Sinault.

Photo : J.Ongkiehong / Renault

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posté par :
Julien Diez

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Commentaire(s)3

dimanche 27 décembre 2015 à 12:30 joviper dit : ça ne remplace pas la piste mais ça s'en approche grandement. les simulateurs Ellips6 sont pour la plupart encore sous le moteur physique de rFactor, malheureusement dépassé par Assetto aujourd'hui, accessible aux particuliers. Aujourd'hui il est possible pour un particulier passionné de se fabriquer pour moins de 2000€ un simu 4dof avec un meilleur feeling que les Ellips6...très proche de la piste, si si :)

vendredi 25 décembre 2015 à 11:36 philou dit : un simulateur pfffffffff ça ne remplacera JAMAIS la piste

vendredi 25 décembre 2015 à 11:11 kiki21 dit : Joyeux Noël à toute l'équipe d'Autoplus et à tout les lecteurs !