F1 - Ruth Buscombe a su surmonter les obstacles

F1 - Ruth Buscombe, une ascension éclair semée d'embûches

Ruth Buscombe est la responsable des stratégies de Sauber, à seulement 27 ans. Une ascension éclair semée d'embûches, dans un milieu très masculin.

Pascal Wehrlein a pris une huitième place inattendue au Grand Prix d'Espagne. L'Allemand a profité d'une stratégie à un arrêt, qu'il a été le seul à adopter, et d'un changement de pneus effectué au moment où la voiture de sécurité virtuelle était déployée. Une stratégie décidée par Ruth Buscombe et son équipe, qui permet à Sauber de marquer ses premiers points de l'année.

L'Anglaise est devenue responsable des stratégies en septembre dernier. A 27 ans seulement, son ascension paraît très rapide mais les obstacles ont été très nombreux : le milieu de la F1 est très masculin, tout comme celui des ingénieurs. Le Guardian a consacré un article à son parcours. Dès le plus jeune âge, elle a dû affirmer sa détermination.

« A l'école, j'avais des professeurs qui essayer de me dissuader de devenir ingénieur, pas parce que je n'étais pas douée, mais parce qu'ils se demandaient si je voulais vraiment faire ça, » explique-t-elle dans les colonnes du quotidien britannique. « C'est la chose la plus importante à changer. »

« Quand les femmes grandissent, on leur assène "Voilà ce que font les femmes et voilà que ce font les hommes", et à moins d'être très sûre de soi et très déterminée, comme moi, une personne qui hésite entre différents choix verra les professeurs et les médias lui dire que ce genre de carrière est destiné aux hommes. »

Une ascension éclair mais difficile

Ruth Buscombe a été diplomée en aéronautique en 2012. Son intérêt pour la F1 était déjà évident : sa thèse portait sur les effets du DRS, l'aileron arrière mobile, sur les spectacle. Elle a rejoint Ferrari la même année, pour travailler sur les simulations pour améliorer les performances. Elle est devenue ingénieur stratégie en 2013, d'abord pour Felipe Massa, puis pour Kimi Räikkönen la saison suivante.

L'an dernier, Ruth Buscombe est partie chez Haas, où elle travaillait directement avec le stratège en chef. Elle a fait son arrivée chez Sauber à Sepang, cette fois au poste de responsable des stratégies. A 27 ans, Ruth Buscombe a connu une ascension rapide mais malgré ses compétences, elle a dû faire face au scepticisme de certains hommes.

« Avec certaines personnes, il faut prouver sa valeur, » explique-t-elle. « A chaque fois qu'on affronte ça, c'est un défi similaire à une course. Il faut être sûre de soi. A chaque fois qu'on a une difficulté, ça renforce, ça renforce sa volonté, et ça veut dire qu'on peut être meilleur parce qu'on le veut vraiment. »

Le travail est en revanche plus simple avec les pilotes : « Je n'ai aucun problème avec les pilotes, parce que la seule chose qu'ils veulent, c'est faire au mieux, » explique-t-elle. « J'ai une très bonne relation avec eux et ils réagissent très bien. »

« Dans le paddock, tout le monde est tellement compétitif qu'ils se fichent que ce soit une femme ou un rongeur qui leur parle. »

La F1 doit encore évoluer

La F1 reste un milieu très peu féminin. Ces dernières années, l'accent a surtout été mis sur les pilotes, notamment avec les essais de Susie Wolff. Mais le championnat doit se féminiser dans tous les domaines. Monisha Kaltenborn est la patronne de Sauber et Claire Williams dirige Williams aux côtés de Frank, son père. Pendant ses études, Ruth Buscombe a été inspirée par le parcours de Monisha Kaltenborn. Sauber est une équipe plus ouverte.

« Chez Sauber, nous avons une femme qui dirige l'équipe, ce qui donne vraiment l'état d'esprit de toute l'équipe, » souligne Ruth Buscombe. « Chez Sauber, personne ne se préoccupe qu'on soit un homme ou une femme, ce qui compte est de travailler en équipe et de décrocher les meilleurs résultats possibles. »

La F1 évolue dans le bon sens : « Ca change lentement. Avoir des femmes comme Monisha et Claire Williams, qui font que quand on allume son téléviseur, ce sont ne sont pas que des hommes blancs de la classe moyenne, c'est fantastique. Nous avons un triple champion du monde noir. »

« La F1 change plus lentement que ce qu'on voudrait, mais elle doit évoluer. Il nous faut les personnes compétentes, peu importe leur couleur ou leur genre. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

Réagissez

Commentaire(s)1

jeudi 18 mai 2017 à 11:19 avocado dit : La F1 et sa pépinière de talents sur piste comme dans les équipes très bien mais ces nouveaux métiers retirent encore un peu du mérite qu'on reconnait à un pilote qui sait conduire sa course au feeling mais bon ça c'était avant comme dit la pub, autres temps autres moeurs !