Publié le 14/01/2004 à 20:41

Dakar Fretigné et McRae pour l'honneur

Dakar Fretigné et McRae pour l'honneur

Les 478 km de spéciale disputés entre Bamako et Ayoûn El Altroûs n'ont pas bouleversé les positions en tête des trois catégories de ce 26ème Telefonica Dakar. Cela n'a pourtant pas été faute d'action : en moto, Despres était en voie de réduire encore son retard sur Roma et Sainct quand il s'est perdu, laissant à Frétigné (Yamaha) sa première victoire africaine. En auto, McRae a mené au succès un trio de Nissan, pendant que Masuoka grignotait quelques miettes de son retard sur Peterhansel. En camion enfin, doublé Tatra emmené par Loprais.

Chez les motos, Cyril Despres (KTM N°2), fidèle à une stratégie simple consistant à aller le plus vite possible, avait donné le ton d'entrée. Au CP1 (km 139), il comptait 11'' d'avance sur Richard Sainct (N°1) et 27'' sur ''Nani'' Roma (N°4), puis 3'35'' et 4'43'' au CP2 (km 286), et 4'46'' et 9'51'' au CP3 (km 399). Le ''grignotage'' entrepris depuis trois étapes se poursuivait bon train, et c'est tout juste si l'on relevait anecdotiquement que, depuis le CP2, c'était David Frétigné (Yamaha N°12) qui pointait en 2ème position. L'homme aux deux roues motrices s'imposait à l'attention de tous 79 km plus loin…en remportant la spéciale ! Une victoire nullement usurpée et même brillante, mais néanmoins cédée bien involontairement par un Despres très déçu : « C'était une super journée jusqu'à 40 km de l'arrivée. Là j'ai fait une erreur. Nous savions que le point GPS était légèrement inexact, et, en allant le récupérer, je me suis perdu. C'est dur de rester vigilant pendant près de 500 kilomètres. C'est vraiment dommage, j'aurais pu recoller un peu plus au général.

Maigre consolation, le Français a quand même gagné une place : il est désormais 3ème, avec 5'55'' d'avance sur Alfie Cox (N°10), assez discret aujourd'hui (9ème). Devant, Sainct, 2ème de l'étape, a repris 2'41'' à Roma, 3ème : « L'écart n'est pas grand (7'25''), mais c'est une marge de sécurité pour lui. Ce n'est pas fini, mais il faudrait que l'opportunité de faire la différence se présente… » L'Espagnol, lui, explique qu'il a connu quelques soucis : « J'ai chuté pour éviter une vache. J'ai juste un peu mal à la cuisse gauche. Et puis, à 20 km de l'arrivée, un voyant d'alarme moteur s'est allumé, donc j'ai roulé très doucement. » Frétigné, on s'en doute, tient un discours beaucoup plus enlevé : « Je me sentais bien alors je n'ai pas arrêté d'attaquer, je me suis fait plaisir tout le long. La satisfaction, c'est aussi de voir que je peux être capable de bien faire en navigation. Non seulement je me rapproche du but (Dakar), mais en plus je gagne une vraie spéciale africaine !

En auto, l'équipe Nissan a mis un peu de baume sur ses récents malheurs. Faute d'être déjà fiable, la voiture est à l'évidence véloce. Certes, on a appris ce soir que Sven Quandt, le patron de Mitsubishi Motorsport, tout en écartant toute consigne ferme (et l'on s'en réjouit), a demandé à ses pilotes de ramener les voitures à Dakar en un seul morceau, autrement dit ''de ne pas conduire à 200%'' (sic). Mais pour prendre 24'21'' à Hiroshi Masuoka (''Mitsu Evo2'' N°201) - et signer en même temps la 1ère victoire de spéciale d'un Britannique depuis Andrew Cowan en 1990 -, il a tout de même fallu que Colin McRae (N°202) ''s'en occupe'' et dispose donc d'une monture rapide : « Ca fait du bien de dépasser autant de concurrents (12 !). Ca te confirme que tu marches bien. » Pragmatique, Vatanen (3ème à 8'47'') explique : « Lorsque la piste est trop cassante, ça ne nous convient pas. Mais quand le tracé est sinueux comme aujourd'hui, ça favorise nos voitures et les pilotes. On s'est régalé. » Avec la 2ème place (à 7'40'') de Giniel De Villiers (N°208) c'est un triplé royal que s'octroie Nissan, devant Josep-Maria Servia (Schlesser-Ford N°209), à 16'39''.

Pour une fois en retrait (7ème et 8ème de l'étape), Masuoka et ''Peter'' (N°203) confirment implicitement les consignes patronales : « Je ne veux pas aller à mon maximum. C'était très facile de détruire la voiture », commente le Japonais, avant d'ajouter, comme la promesse à peine voilée que ce n'est pas fini : «Il faut bien se reposer pour les longues étapes qui nous attendent…

En camion non plus, ce n'est pas fini : Loprais (N°415) et De Azevedo (N°412) ont signé un doublé Tatra, et, au général, ce dernier ne compte que 44'28'' de retard sur Tchaguine (Kamaz N°414).

Communiqué A.S.O

Réagissez