Publié le 16/09/2010 à 10:56

F1 - L'arrêt aux stands qui a fait gagner Alonso

F1 - Anatomie d'un arrêt aux stands

Fernando Alonso a gagné le Grand Prix d'Italie grâce à un bon changement de pneus. Le responsable des opérations de Ferrari détaille ce moment clé de la course.

Le Grand Prix d'Italie s'est joué dans les stands. Jenson Button a doublé Fernando Alonso au départ mais l'Espagnol a pu reprendre l'avantage en faisant son arrêt un tour après son rival.

Les 16 mécaniciens de Ferrari (trois par roue, deux pour soulever la voiture, un pour donner le signal au pilote et un pour surveiller l'allée des stands) ont fait le changement de pneus en 3,4sec. C'est trois dixièmes de mieux que leur moyenne.

Alonso a gagné huit dixièmes dans les stands par rapport à Button. Il avait également fait un tour de rentrée aux stands six dixièmes plus rapide que celui de l'Anglais, ce qui lui a permis de reprendre la piste en tête.

Plus de 13000 simulations !

Ferrari s'entraîne en permanence pour améliorer ses arrêts: « Il y a deux secrets, si on peut appeler les choses ainsi: l'entraînement et les essais en permanence, » explique Diego Ioverno, responsable des opérations en piste de la Scuderia. « Depuis le début de l'année, nous avons fait environ 1300 simulations de changements de pneus, en piste et à l'usine. Durant les semaines où il n'y a pas de course, nous nous entraînons trois fois, en faisant environ 30 simulations par jour. »

La Scuderia pourrait même faire un peu mieux: « Durant les entraînements, nous avons réussi à nous rapprocher de la barre des trois secondes, » révèle l'Italien.

Une tâche revue en 2010

L'interdiction des ravitaillements a totalement changé la façon d'aborder les arrêts aux stands: « Nous avons beaucoup travaillé pour améliorer les changements de pneus cette année. Jusqu'à l'an dernier, c'était la durée du ravitaillement qui déterminait la durée des arrêts et les mécaniciens avaient une marge de manœuvre assez importante, même si on ne parle que de quelques secondes. Maintenant, la moindre erreur coûte cher: il est plus facile de perdre une course dans les stands que d'en gagner une. »

Garder son calme

Ferrari fait tout pour que les membres de l'équipe soient aptes à faire un bon arrêt: « Il faut que les mécaniciens reçoivent les instructions d'une manière calme, sans agitation, » confirme Diego Ioverno. « Ils savent très bien quelle est leur responsabilité, surtout dans de telles courses. Il ne sert à rien de les brusquer, cela ne peut générer que des erreurs. »

Seize mécaniciens font l'arrêt mais huit autres sont prêts à aider: un peut changer le museau, deux peuvent régler l'angle de l'aileron avant, un peut redémarrer le moteur si le pilote cale et quatre autres ont des pneus supplémentaires en cas d'arrêt simultané des deux voitures sous voiture de sécurité.

Un véritable ballet

Chaque instant de l'arrêt est planifié: « Un arrêt est comme un ballet, qui se joue sur la partition du moteur, avec des gens qui doivent travailler en harmonie et avec le pilote » précise Ioverno. « Le succès de l'opération dépend également de lui: il doit s'arrêter exactement au bon endroit, sinon on perd de précieux dixièmes, parce que 20cm en plus ou en moins forcent les mécaniciens à se déplacer. »

Chaque poste a ses particularités

Les mécaniciens reçoivent également un entraînement spécifique: « Chaque poste impose des caractéristiques physiques et mentales. Par exemples, ceux qui soulèvent la voiture doivent être assez forts, vu que la voiture pèse environ 700kg. L'agilité, le contrôle de son calme et les réflexes sont importants pour ceux qui changent les roues, surtout celui qui tient le pistolet, parce qu'il faut une technique qui est loin d'être simple. »

Le timing de l'arrêt

Voici, dans le détail, le déroulement du changement de pneus de Fernando Alonso:

0,35sec: La voiture est soulevée
0,70sec: Les quatre pneus tendres sont enlevées
1,40sec: Les quatre pneus durs sont posés
2,30sec: La première roue est fixée
2,60sec: La deuxième roue est fixée
2,70sec: La troisième roue est fixée
2,90sec: La quatrième roue est fixée
3,40sec: La voiture quitte son emplacement

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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