A la découverte de la Vanquish chez Aston Martin

Nouvelle Aston Martin Vanquish

A l’occasion du lancement de la nouvelle Vanquish, Aston Martin nous a invité à la découvrir en avant première et en a profité pour nous dévoiler son processus.

Découvrir une nouvelle voiture, c’est toujours un moment particulier. Lorsque l’opération se déroule à Gaydon, dans l’enceinte même de l’usine Aston Martin, l’excitation monte forcement d’un cran.

L’arrivée sur le site se fait à bord d’une banale Passat break mais il suffit de quelques secondes pour se mettre dans l’ambiance. On croise un exemplaire de One-77 qui part faire un essai routier avant d’être livrée à son propriétaire, puis on arrive devant les nouvelles installations. Une V8 Vantage chromée, posée sur un rocher nous accueille, le parking compte une paire de Rapide, une Cygnet, une Vantage S et une DB9 Volante. Une autre V8 Vantage est posée sur l’eau qui entoure le complexe.

Patience

On se dirige vers le Design Studio au milieu duquel trône une maquette taille réelle de la One-77 ainsi que la future Vanquish, bâchée. Mais avant de lever le voile sur leur dernière création, les responsables d’Aston Martin nous ont réservé quelques ateliers. Au programme : découverte de la fameuse architecture VH et un premier contact, en statique malheureusement, avec le nouveau bébé de Gaydon. Miam.

Une philosophie

Place donc à une session technique qui s’effectue en compagnie du directeur du développement produit, Ian Minards. D’emblée, celui-ci nous annonce que « le V/H n’est pas une architecture, mais bien une philosophie. Pour faire simple, le V/H est la façon dont nous faisons les choses plutôt qu’une base technique ». Le ton est donné.

V/H vient de Vertical / Horizontal. Le Vertical, c’est la base, les os de la voiture. L’horizontal, ce sont les accessoires, les organes et la peau du modèle. Dans les deux cas, les éléments sont partagés et adaptés à tous les modèles actuels d’Aston Martin, et ce depuis la DB9 en 2004.

Vertical, la structure

Sachant que le développement prend des années, cela signifie que la méthode est aujourd’hui âgée de 10 ans. La monocoque est composée d’éléments en aluminium anodisé, collés et boulonnés. Une méthode de construction qui a notamment l’avantage d’être prévisible dans son comportement (crash tests…) mais dont le développement a coûté très cher et dans laquelle Aston Martin est aujourd’hui un peu bloqué. Pour autant, elle continue à évoluer et intègre ainsi désormais des éléments en carbone (réalisés à la façon de la fibre de verre : les filaments de carbone sont appliqués en spray sur un moule). C’est notamment le cas pour la structure du coffre de la Vanquish.

Horizontal, les composants

Si la structure est, dans une certaine mesure, figée, le reste des éléments évolue avec le temps afin de gagner en légèreté mais aussi en confort, en efficacité et en style. On nous présente ainsi l’unité de GPS de la première DB9, affichant 2 kg lorsque le nouveau module ne pèse que 200g. La boîte robotisée de la nouvelle Vantage annonce quant à elle 20 kg de moins que la ZF automatique. On s’étonne d’ailleurs de retrouver l’automatique dans la Vanquish qui n’avait pas besoin de poids en plus.

4ème génération

Car la fin de cette séance explicative nous permet de découvrir la 4ème évolution de la structure V/H grâce à un « écorché » de la dernière née de Gaydon. Et la première impression est marquante. Car c’est bien de la fibre de carbone que l’on retrouve sur l’intégralité de la carrosserie. Cette fois, il ne s’agit plus du système « en spray » mais du procédé baptisé « sprint » utilisant de la fibre tressée mais se passant des très couteux autoclaves pour sa cuisson. Les fibres sont placées sur un moule, mises sous vide d’air et chauffées par de l’eau. Le résultat n’atteint pas la précision obsessionnelle que l’on observe chez Pagani mais habille très bien la Vanquish.

Plusieurs avantages

Le choix du carbone permet à Aston Martin de faire d’une pierre deux coups. La carrosserie perd environ 6 kilos (seulement) mais participe à un gain de rigidité en torsion de 30%. Cela permet également de créer des formes différentes. « Pour l’aileron arrière, Ulrich Bez voulait que la forme ait l’air impossible à réaliser. Et pendant 6 mois, ce fut le cas » nous explique-t-on. Le résultat est une intégration parfaite à la carrosserie, et indéniablement la partie la plus fascinante de cette nouvelle Vanquish.

Evolution timide

On retourne alors dans le studio de design afin de découvrir « en vrai » l’Aston. Difficile de nier que le premier sentiment est partagé lorsque le voile tombe. Bien sûr, la Vanquish reste une Aston et conserve le charme unique qui caractérise les productions de la marque. Mais on ne peut s’empêcher de regretter une forme de timidité dans le style général de la voiture. « Une Aston n’est pas une Lamborghini. On pourrait très bien décider de faire la révolution et de passer à des formes de navette spatiale, mais ça n’est pas et ça ne sera jamais la philosophie de la marque » justifie-t-on chez Aston. Résultat, la face avant semble très proche de celle de la Virage.

Mais tout de même

Malgré tout, la Vanquish trouve quelques moyens d’affirmer sa personnalité avec, comme toujours, un mélange de classe et de sportivité. « Une Aston est un gentleman, une brute en costume. Elle demande poliment qu’on lui laisse le passage. »

Dans le détail, on apprécie tout de même les nombreux plis de carrosserie, qui musclent le capot, prolongent les extracteurs d’air latéraux et évoquent le chemin de l’air sur le toit et la malle. Evidemment, on tombe alors sur le spectaculaire aileron et les phares en boomerang clairement repris de la One-77. Afin de signifier la présence du carbone sous la peinture, la lame avant, les jupes latérales et le diffuseur se parent de fibre nue.

Habitacle en progrès

A l’intérieur, Aston nous fait remarquer qu’un soin particulier a été apporté à l’espace supplémentaire. Ca n’apparait pas comme une évidence, mais soit. On retrouve tout de même l’ambiance confinée, luxueuse et sportive typiquement Aston. La console centrale « typiquement Aston », elle, disparait au profit d’un tout nouveau système avec molette et boutons tactiles. Personne ne s’en plaindra, car l’ergonomie et le style de l’ancien système n’étaient pas vraiment à la hauteur de la marque. On retrouve ensuite les cuirs, aluminiums et boutons en verre typiques d’Aston et le confort d’assise progresse. La Vanquish est proposée en 2+2 ou stricte 2 places.

Pièce maîtresse

Mais passons à ce qui se cache sous le capot avant. On y retrouve le V12 de 5,9 litres (annoncé comme un 6 litres) officiant déjà dans la DBS (et d’autres avant…). Il a toutefois été remanié au niveau de la culasse, de l’échappement, de la circulation de l’air et découvre enfin le calage variable des soupapes (VVT). Le résultat est une cavalerie comptant 573 chevaux à 6 750 tr/min et un couple culminant à 620 Nm à 5 500 tr/min. Dans l’absolu, ce haras fait de la Vanquish l’Aston routière la plus puissante de l’histoire de la marque si on exclut la très limitée One-77. Mais face aux 700 ch d’une Aventador et aux 740 ch d’une F12berlinetta, impossible de ne pas trouver ça un peu juste.

Technique

Le bloc a été abaissé de 19 mm et la partie avant assouplie afin de répondre aux régulations de protection piétons et d'abaisser le centre de gravité de 10 mm. Au-dessus du V12, un nouveau « boomerang » vient rigidifier, ce qui permet une amélioration de 25% en torsion. L’empattement de la voiture n’évolue pas par rapport à la DBS et la Vanquish conserve une répartition des masses à 50/50. On note tout de même un élargissement des voies arrière d’environ 15 mm. La puissance est transmise au train arrière via un différentiel autobloquant. Pour les sensations de conduite et la précision, on apprécie que la direction soit hydraulique et non électrique.

Performances

L’ensemble de ces améliorations, ainsi que l’ajout d’un « launch control » sur la boîte permet à la Vanquish d’annoncer un 0 à 100 km/h en 4,1 secondes. « Une Aston ne doit jamais vous embarrasser » nous répond-on lorsque l’on demande ce qui définit les voitures de la marque. Pourtant, voilà un chiffre qui fait « tache » en société lorsque l’on évoque le vaisseau amiral d’une marque : 295 km/h. Il s’agit de la vitesse de pointe de la Vanquish. Incompréhensible lorsque l’on sait que la DBS – moins puissante et plus lourde - pointait à 302 km/h !

Que reste-t-il ?

Non seulement l’Aston Martin Vanquish s’avère être une évolution de la DBS plutôt que la très grosse nouveauté tant attendue, mais on constate donc qu’elle ne parvient pas à faire mieux que sa devancière sur certains points. Sachant qu’elle sera facturée 251 064 € en France, il semble légitime de se poser la question de son futur succès. Bien sûr, la Vanquish reste une Aston, avec ce que cela implique de charme, de style unique et de mythologie. Mais face à une concurrence enragée et ayant marqué des progrès fulgurant ces derniers mois, de simples améliorations pourraient ne pas être suffisantes. Réponse lors d’un futur essai. En attendant, découvrez là dans notre diaporama exclusif.

Photo de Loic Bailliard

posté par :
Loic Bailliard

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Commentaire(s)11

jeudi 21 juin 2012 à 18:07 jason dit : C'est tout simplement une voiture sublime et parfaite!!! Vous êtes d'accord?

jeudi 21 juin 2012 à 17:33 Grawl dit : L'arrière est très réussi

jeudi 21 juin 2012 à 15:44 Gaz dit : A part le tarif aston c parfait

jeudi 21 juin 2012 à 14:23 e-tron dit : Salut oui je suis d'accord avec yves. De toute façon comment changer une tel plateforme ?! Une aston ça reste une aston et c'est inimitable.La concurrence ont s'en balancent ! Et puis c'est toujours cette plateforme qui fait rêver.

jeudi 21 juin 2012 à 14:10 yves dit : Oui loic c'est ça...Ferrari c'est nul a coté,une aston c'est tout ce que peux avoir une sportive Oui elle n'a pas l'efficacité ou performance,mais ont s'enfou completement.E-tron est aussi d'accord avec moi !

mercredi 20 juin 2012 à 20:20 Loïc dit : @Yves : même si le but n'est pas de concurrencer les italiennes, il faut bien admettre que les acheteurs le feront. Et une F12 demandera quelques milliers d'euros en plus pour avoir une voiture ultra performante avec un badge plutôt prestigieux aussi. Alors il restera forcement des gens qui acheteront l'Aston parce que c'est une Aston. Mais ça va devenir difficile de convaincre ceux qui hésitent : entre une plate forme et un moteur vieillissant, portés par un style qui se répète un peu, et un engin totalement nouveau chez Ferrari.

mercredi 20 juin 2012 à 18:04 yves dit : @ addict : Le but d'aston n'est pas de concurrencer les italiennes,c'est deux véhicules complement différent ! Pour moi,aston martin a réussi la vanquish.

mercredi 20 juin 2012 à 16:38 mike dit : Très réussi d'accord avec e-tron

mercredi 20 juin 2012 à 15:14 e-tron dit : Bien joué aston martin !

mercredi 20 juin 2012 à 13:52 addict dit : a la rue par rapport a la concurrence totalement largué

mercredi 20 juin 2012 à 13:11 monsterjayjay dit : Il faudrait varier le design chez aston ! L'ancienne vanquish était plus belle, plus charismatique, bref unique !