Triton Subphotique : la plongeuse de légende 2.0

Triton Subphotique histoire montre plongée

Années 60 : les manufactures s'étripent pour faire le buzz. Parmi elles, une petite marque française, Triton. Son but : être LA plongeuse. Et bien la revoilà !

Paris, début novembre 2015. Dans un salon cosy d'un hôtel chic, Jean-Sébastien Coste et Philippe Friedmann sont enthousiastes. Mieux : heureux. Et un brin anxieux aussi. Devant les deux repreneurs français de la marque Triton (disparue des radars depuis des décennies), la Subphotique, une plongeuse qui marque le retour de cette firme fondée en 1962 par Jean-René Parmentier (ancien colonel de l'Armée de l'Air). En 1963, nait la Spirotechnique, une montre réclamée pour la société éponyme (crée par le commandant Cousteau) et qui se payait le luxe à l'époque d'être plus chère qu'une Rolex Submariner. Voilà pour le rappel historique, place au tour du propriétaire.

Fidèle à l'originelle

Premier bon point pour la petite nouvelle : le respect de son aînée. Certes, les dimensions ont légèrement forci (40 mm à la carrure, 41 mm à la lunette au lieu de 36-37 par le passé) mais pour le reste, c'est quasiment du copier/coller. La lunette tournante (60 clics), désormais en saphir,  arbore toujours ces chiffres de dizaines plus gros. Le quantième est rouge (pour les jours impairs) et noir (pour les jours pairs). Et surtout la couronne est toujours placée à midi. La raison : éviter qu'elle ne blesse le poignet et proscrire tout risque d'accrochage dans la combinaison. Ce principe d'anse sur charnière protégeant la couronne n'est pas exclusif à Triton puisque ZRC, qui vient aussi de ressortir une montre chargée d'histoire (la Grands Fonds) utilise ce système (mais à 6 heures).

Montre d'homme

Malgré son gabarit contenu, la Subphotique est réservée au poignets assez costauds. Son acier 916L (la plupart des montres utilise du 316L) est dense et si, en largeur, les proportions sont acceptables, elles deviennent nettement plus encombrantes si l'on mesure de cornes à cornes (près de 52 mm). Heureusement, que l'astucieux protège-couronne sur charnière épouse au mieux le bras du porteur. Le fond épais (l'étanchéité est testée sous vide et en compression à l'eau) est joliment gravé et numéroté. Il mentionne que la montre embarque désormais un verre saphir (plat) au lieu d'un plexi et que la valve à hélium fait partie de l'équipement de série. Ce système garantit l'évacuation de ce gaz qui peut générer des surpressions en cas de plongée en cloche. Quelle est la proportion de clients Triton qui auront besoin de cet artifice salvateur ? Sourire de Philippe Friedmann : ''comme nous visons les plongeurs professionnels, nous nous devions de pouvoir fournir ce genre de service mais honnêtement, il s'agit là d'un argument marketing''. Une absence de langue de bois qui fait - enfin- plaisir à entendre.

Soprod à la rescousse

La Subphotique n'a pas droit à de l'ETA mais à un Soprod, le Swatch Group ayant drastiquement coupé les vivres à de nombreux emboîteurs. Le calibre A10-2 a sa masse oscillante et ses ponts décorés Côtes de Genève et sa réserve de marche flirte avec les deux jours (42 heures). Pourquoi ne pas avoir opté pour un mouvement manufacturé ? Jean-Sébastien Coste nous répond : ''Financièrement parlant, la montre aurait été deux fois plus chère. Et puis que demande-t-on à une montre de plongée ? Être costaude, fiable et supporter les aléas du quotidien. Le Soprod est tout ça''. L'argument est recevable mais on se pose quand même la question du positionnement tarifaire.

La Subphotique coûte 4.950€ sur bracelet caoutchouc (5.350€ sur bracelet alligator). ''Nous nous situons entre Tudor et Rolex'' précise Jean-Sébastien. Pour une montre abritant un calibre de grande production, ça choque. Alors il faut regarder plus loin. La Subphotique est assemblée et contrôlée en Suisse, par l'un des partenaires de Patek Philippe et Richard Mille. Ses finitions sont exemplaires (coiffe de la couronne en saphir, ajustements parfaits, alignement de la lunette) et le nom Triton, évoquant de glorieux souvenirs, pourrait suffire à ce que les amateurs franchissent le pas. C'est tout le mal qu'on souhaite aux deux repreneurs qui ne revendiquent aucun passé horloger et ne travestissent pas leurs CV. ''Cette montre est une icône et nous l'adorons. Il nous semblait important de la faire revivre''. Pour conclure, l'appellation Subphotique fait référence au fait que, avec sa résistance à 500m, la montre ne peut voir les photons de lumière, cette dernière disparaissant au-delà de 200m de profondeur.

Photo de Sylvain Vétaux

posté par :
Sylvain Vétaux

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