F1 - L'altitude a une grosse influence à Mexico

F1 - L'altitude joue un rôle important à Mexico

L'altitude élevée de Mexico, avec un air moins dense, est synonyme d'un refroidissement plus dur pour les moteurs et d'appuis aérodynamiques plus faibles.

Le circuit de Mexico est situé à une très haute altitude, à plus de 2200m. L'air y est moins dense et cela a une grosse influence sur les moteurs, moins facilement alimentés en air, mais les groupes propulseurs y résistent mieux qu'un moteur atmosphérique et la perte est finalement minime.

« En nous rendant au Mexique il y a un an, nous savions qu'il n'y aurait pas une grande différence sur la puissance du groupe propulseur, ce qui aurait été certainement différent avec un moteur atmosphérique, » explique Rémi Taffin, le directeur technique moteur de Renault. « L'air est beaucoup moins dense, ce qui peut entraîner une perte de puissance d'environ 22 % pour un moteur atmosphérique. Avec notre moteur à combustion interne turbocompressé, le turbo doit simplement tourner plus vite. La récupération d'énergie et les systèmes de déploiement ne sont pas affectés non plus. »

Si la puissance peut être maintenue, des difficultés subsistent, notamment sur le refroidissement : « L’un des domaines où l’on doit porter une attention particulière concerne le refroidissement du groupe propulseur, » confirme Taffin. « L'air moins dense est non seulement moins efficace pour la combustion, mais aussi pour le refroidissement. Si l’on maintient le même niveau de puissance, il faut dissiper toute l'énergie. Avec un air moins efficace dans les conduits, cela posait question l’an passé. Heureusement, nos prévisions étaient assez précises et nous n’avons pas connu de surprises, tout comme nous n’en attendons pas cette fois encore. Cela dit, si le thermomètre monte sensiblement, nous devrons suivre de près la situation puisque nous opérerons avec de très fortes températures. »

Renault a travaillé sur le turbo et sur le refroidissement pour mieux gérer ces éléments cette saison : « Pour cette année, nous avons affiné les données pour optimiser notre refroidissement et l’utilisation du turbo, » précise Taffin. « Nous devrons faire tourner ce dernier à une vitesse bien plus élevée que partout ailleurs afin de le rendre aussi efficient. Une chose est sûre, les pièces du turbo utilisées au Mexique seront posées sur une étagère et plus jamais remployées après cette séance d'entraînement assez dure ! »

L'aérodynamique est également modifiée

La densité plus faible de l'air a également une grosse influence sur l'aérodynamique, qui devient moins efficace. Les monoplaces perdent beaucoup d'appuis. Les équipes utilisent donc des niveaux d'appuis proches de Monaco, avec des ailerons très braqués, qui donnent des résultats similaires à ceux de Monza, où il faut privilégier la vitesse de pointe aux appuis.

« D'un pont de vue technique, l'élément clé de cette course est l'altitude élevée à laquelle Mexico City est placée, ce qui donne une pression atmosphérique de moins de 80% des niveaux normaux, » souligne Paddy Lowe, le directeur exécutif en charge de la technique chez Mercedes. « Cela réduit les forces aérodynamiques, que ce soit les appuis ou la traînée. »

Ce manque d'appuis a un effet ricochet sur les pneus, puisque les monoplaces sont plus instables, et les difficultés pour le refroidissement mettent aussi les freins à rude épreuve : « L'effet qui en découle est que ce circuit est dur sur les pneus, parce que les appuis sont très faibles, et durs sur les freins en raison des virages rapides associés à des niveaux faibles de refroidissement et de traînée, » indique Lowe. « Donc il y a beaucoup de choses à gérer uniquement pour maintenir les deux voitures en bon état durant le week-end. En même temps, c'est dur pour les pilotes, parce qu'en fait ils roulent avec les niveaux d'appuis équivalents à Monza sur un circuit avec un nombre de changements d'angles et de virages significativement plus élevé. Ca leur créé des difficultés au volant mais ça peut aussi créer une bonne course, donc j'espère que les spectateurs auront juste ça. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)2

jeudi 27 octobre 2016 à 15:01 un passant dit : Erreur corrigée.

jeudi 27 octobre 2016 à 14:18 un passant dit : L'air est plus dense à Mexico car le circuit est en altitude ?? J'apprends des choses.