Publié le 02/01/2017 à 20:28

F1 - Comment Brawn exploitait les règlements

F1 - Brawn explique comment exploiter un règlement

Ross Brawn a souvent su mieux exploiter les règlements que ses rivaux, que ce soit chez Benetton, Ferrari ou Brawn GP. Il explique sa méthode.

Le règlement technique change totalement cette année. Adrian Newey, le responsable technique de Red Bull, pense que la hiérarchie pourrait évoluer et que certaines équipes exploiteront mieux le règlement. Red Bull en avait profité en 2009, lors du dernier gros changement technique, pour remporter ses premières courses. Cette année là, Brawn GP, fondée suite au départ de Honda, avait dominé le championnat. Ross Brawn, alors patron de l'équipe, était un spécialiste de l'interprétation des règlements.

Son équipe avait par exemple lancé le double diffuseur, un élément controversé et finalement jugé légal, ce qui allait faciliter sa domination. Pour bien comprendre un règlement, Ross Brawn estime qu'il est nécessaire d'être impliqué dans sa mise en place.

« Je pense que l’essentiel est d’être actif pour essayer de mettre en place ces changements de règlements parce que les discussions regroupent toujours les gens, sauf si c’est une question de sécurité où on a tendance à avoir des décisions compréhensibles, » explique Brawn dans Auto, le magazine de la FIA. « Normalement, s’il y a un changement de règlement significatif, la FIA, parfois en association avec le détenteur des droits commerciaux, dira "Nous allons faire des changements parce que nous sentons que la Formule 1 va dans la mauvaise direction, pour différentes raisons". »

« Par le passé, cette décision était placée dans les mains des différents groupes de travail, à qui on demandait de faire des propositions. J’étais actif dans ces groupes, et être actif aux côtés de ceux qui définissent les règlements dès le début aide à comprendre ce qu’on essaie de faire et quelles sont les priorités. »

Peut-on influencer les règlements ?

Les personnes impliquées dans les discussions sur les règlements travaillent souvent pour des équipes. Elles peuvent donc être tentées d'influencer les règlements pour qu'ils correspondent à leurs forces. Ross Brawn estime cependant que cet aspect n'arrive que très tard dans les discussions.

« Je peux sincèrement dire que dans cette phase initiale de gestation des règlements, je me concentrais totalement sur essayer d’attendre les objectifs qu’on nous avait fixés, parce qu’à ce stade personne n’a vraiment un avantage ou un désavantage, » explique Brawn. « Tant que les règlements sont pour deux ou trois ans après, on peut avoir une position impartiale vis à vis de son équipe et penser à ce est bon pour la F1. »

Mais quand la monoplace répondant à ses règlements se concrétise, les équipes tentent de faire tourner les choses en leur faveur : « Quand ce qui devient sensible est l’année suivante, qu’on on sent qu’on pourrait être désavantagé, dans ce cas on a des options assez tranchées sur ce qui devrait ou ne pas être fait, » précise Brawn. « Donc j’étais toujours très actif pour m’assurer que j’étais impliqué dans ce processus. Quand ce processus est blouclé, on ajuste les règlements et les interprétations débutent, et il faut clarifier les règlements au sujet des interprétations. Quand ces règlements sont assez fermes, on commence à réunir les équipes pour construire les voitures ou les moteurs, ou décider ce qu’on va faire. »

Quand une équipe sent qu'elle a une bonne idée, elle cherche à influencer l'écriture des règlements pour s'assurer de sa conformité : « Une fois qu’on a débuté son programme, une fois qu’on a commencé à mettre ses équipes en place, on veut tendre vers une direction précise parce qu’on a pris une certaine route, » souligne Brawn. « Si on a une interprétation du règlement dont on sent qu’elle nous donne un avantage de performances, on essaie de la maintenir. C’est là que la politique et d’autres éléments entrent en jeu. »

Brawn pense avoir su faire la part des choses entre les bons choix pour la F1 et ceux pour ses équipes :« J’ai toujours eu une pleine conscience de ça parce que si j’avais débuté le processus d’une manière totalement impartiale, après je devais passer la main et dire "Maintenant je travaille juste pour l’équipe. Je dois trouver les meilleures solutions pour mon équipe autour de ces règlements". Certains diront, et je le comprends, qu’on ne peut jamais séparer totalement les deux, mais je pense avoir honnêtement essayé de le faire. »

Brawn voulait être en avance sur la concurrence

Ross Brawn estime que sa méthode a permis à Mercedes d’avoir l’avantage sur la concurrence quand les groupes propulseurs ont été lancées, il y a trois saisons.

« Être impliqué très tôt dans ce processus était important et nous l’avons vu sur le moteur quand j’étais chez Mercedes, » indique-t-il. « Nous avons débuté le projet moteur très tôt. Dans les demandes que nous avons faites à la FIA, pour des clarifications, il était évident que nous étions les premiers à les faire, donc nous pouvions commencer à débattre de plusieurs éléments. Ca nous a également encouragé parce que nous savions que personne n’était devant nous. »

Pour avoir cette avance sur la concurrence, il important de consacrer assez de ressources au travail de développement : « Mon approche était de nous concentrer à la recherche et que ça soit sacrosaint, parce que dans la F1 normale, c’est facile de consacrer ces ressources aux soucis de tous les jours, et on repousse le projet d’une semaine ou deux, et soudain on a perdu un temps qu’on ne peut pas rattraper, » analyse Brawn. « Mon habitude était de mettre en place une équipe, d’identifier ce qu’il fallait pour que le projet fonctionne bien et de dire "Pour le moment, c’est une équipe réduite pour ce projet. Je veux savoir ce qu’il se passe, mais sinon nous n’allons pas y toucher". »

Quand ce développement avance, il faut décider quelles seront les meilleures solutions : « Je me décris comme un dictateur amical, » s’amuse Brawn. « Je voulais un groupe parce qu’on juge toute la puissance et les ressources. Mais oui, au final quelqu’un doit prendre une décision sur la direction à prendre et j’aimais faire ça. Mais je voulais que tout le monde y croie aussi. Donc ma méthode était: Je vais prendre la décision mais vous allez faire partie de l’équipe qui me permettra de prendre la meilleure décision posible. Donc vous faites partie d’une équipe dont la décision n’est peut-être pas vraiment ce que vous pensiez bon, mais il faut y croire parce que vous avez eu la possibilité de l’influencer. »

« Dans la plupart des cas où il y avait une grande décision à prendre, il fallait dire "Je peux voir qu’ils ont besoin de plus de ressources là, je vais mettre plus de gens sur ça" ou ils pouvaient venir me voir et dire "Nous ne savons pas si nous devons suivre cette interprétation ou pas, que devons nous faire ?" Je leur donnais mon avis et ça pouvait arriver à un stade où je demandais à la FIA d’en débattre et d’en discuter. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)3

samedi 07 janvier 2017 à 01:07 1 dit : Bien dit Zut Mais pour ton pseudo debile et peu revelateur...evite de parler trop serieusement Tu te crois a la 23 eme chambre du Tgi??

mardi 03 janvier 2017 à 01:32 zut ! dit : Je pense que le pseudo de Quello Vero a été grossièrement usurpé. Je pense que comme d'habitude Auto Plus est un journal papier intéressant, en ligne pas mal...... mais minable et indigne en ce qui concerne la gestion de leur section commentaires. Cela fait Mille fois que nous sommes nombreux à leur signaler des propos absolument odieux et pénalement condamnables. Je propose à tous de renvoyer tout simplement copie (saisie d'écran) de ce genre de propos nauséabonds aux associations qui s'occupent des propos racistes, antisemites, sexistes ou autres. Et de ne pas commenter plus avant les commentaires des pauvres types qui les envoient. Si nous sommes nombreux à le faire... les règles de postes changeront. Et nous pourront enfin parler entre gens normaux et passionnés d'automobile. Si les gestionnaires du site - mainte fois prévenus - sont défaillants, ils sont donc - à La longue - coupables. Mettons les devant leur responsabilité. Et contribuons à faire de ce site un bien meilleur site.

lundi 02 janvier 2017 à 23:11 gigo dit : Quel pauvre imbécile. Va rouler avec ta deutsche karkasse. Dis voir t'as les tempes rasées ?