Publié le 08/07/2017 à 10:00

TT RS Roadster vs Boxster S : le match en vidéo !

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Le TT RS cab' ose taquiner la référence de la catégorie, qui n'est autre qu'un cousin de la dynastie Volkswagen : le Boxster S. On ne choisit pas sa famille...

Le Porsche Boxster n'a jamais été inquiété par l'Audi TT, dont les gènes de traction parfois maquillée en intégrale étaient pesants. Il se trouve que l'icône du design en a marre de faire de la figuration. La troisième génération a profondément changé et s'est allégée. L'adolescente se rebelle à un niveau tel que la concurrence en est médusée : 400 ch dans un petit roadster ! En sus, la RS a le mérite d'être fidèle à une architecture moteur rare et chère à la marque : un 5 cylindres. Alors que le Boxster prend un risque inconsidéré : abandonner le flat-6 (sur toute la gamme pour l'instant) au profit d'un flat-4. Le subversif 718 a toutes les chances de payer son écoresponsabilité en matière de sensations mécaniques.

Ce ne serait pas une première chez Porsche. La 911 Carrera S a cédé le trône de la catégorie GT à AMG en se dopant : flat-6 3 litres biturbo. En voici la preuve en vidéo. Puis le Cayman S s'est cassé les dents face au TT RS ( Sport Auto n° 662), en perdant deux cylindres. Foncez revoir la vidéo du comparatif. L'histoire va-t-elle se répéter ? Le Boxster S a fanfaronné l'été dernier face à la M2, l'A 45 AMG et la 370 Z. Il a affaire cette fois à un adversaire coriace. Découvrez-les au travers de ce clip vidéo

Explosion de bonheur

Cet adversaire montre les crocs dès le démarrage, en fanfaronnant des échappements. Notre modèle d'essai, taquin, en rajoute avec des trompettes actives optionnelles (sorties noires). Le timbre naturel du 5 cylindres en prend un coup, sachant qu'il est étouffé à la base par le turbo. Mais il faut reconnaître que les vocalises émoustillent, voire rendent euphorique une fois la capote repliée. Force est de reconnaître que, malgré le 4 pattes à la voix enrouée, Porsche prouve sa maestria. Le 2,5 litres turbo (à géométrie variable) est censé délivrer 350 ch, mais comme à l'accoutumée, on en ressent davantage. « Elle est sympa ta Coccinelle à 100 000 € ! » ou « Il est enrhumé le flat ? » Les vannes entendues de-ci de-là sont justifiées. De prime abord, le flat-4 provoque un choc auditif avec son saccadé de Subaru, en moins grondant et percutant. Il faut apprendre à le connaître et à le déguster décapoté, en mode Sport et avec l'échappement optionnel, pour lui trouver de l'intérêt. Les contre-pressions et les basses sont accentuées. En plus, il ne manque pas de caractère. Comme le 5 cylindres, l'effet turbo est marqué à 2 500 tr/mn et il s'emporte crescendo jusqu'à 7 500 tr/mn, en conservant une belle rage dans les tours. Etonnant pour un 4 cylindres. Faute d'avoir les poils dressés, il se montre atypique. A bord du Cayman, les résonances diffèrent et le rendu n'est pas convaincant. Quoi qu'il en soit, le TT RS ne laisse aucune chance à ses ennemies. Il secoue les tympans, connectés sans filtre au clairon arrière. La preuve, en images !

Au coude à coude

Le TT RS remporte sans mal la première bataille mécanique et compte bien accentuer son avance à l'épreuve du chrono, du haut de ses 400 ch. « Pas si vite », lui rétorque le cousin. « Ça fait longtemps que tu ne t'es pas pesé ? Viens voir par ici : 1 587 kg ! » Bravo, le laisser-aller atteint 89 kg par rapport au coupé et 136 kg par rapport au Boxster qui, lui, réussit l'exploit d'être aussi affûté qu'un Cayman. Le TT Roadster peut remercier le mécanisme du couvre-chef et les renforts de caisse : montants de pare-brise, seuils de porte, traverses arrière, arceaux, paroi centrale. Il n'empêche, grâce à la magie du launch control (boîte S tronic imposée) et au quattro, le lourd cab' est catapulté de 0 à 100 km/h en 3''7. Un commentaire, le cousin ? « Ecœuré ! »
Le Boxster S embarque pourtant une boîte PDK autorisant un départ décapant, à 6 200 tr/mn. Malgré les efforts minceur et électronique, il ne peut rattraper son retard. Ce dernier grimpe jusqu'à 0''6 à 200 km/h, avant de redescendre à 0''3 aux 1 000 m D.A. Incroyables, ces deux cabs' oscillent autour de 22''0 et n'ont rien à envier aux GT ! D'accord, le TT est devant, mais on ne peut pas dire que cette avance est capitale. Le freinage est en revanche un domaine crucial, où Porsche règne en maître. Sauf qu'à la vue des résultats obtenus au CERAM, l'égalité est parfaite entre les deux cabs', dotés de dispositifs en acier. Il convient de préciser d'une part que Porsche a la palme de l'endurance et d'autre part que le modèle photographié rehausse l'efficacité et le mordant, en s'équipant de freins carbone/céramique. En résumé, les cousins sont au coude à coude en performances. A ce stade, la balance penche plutôt du côté du TT, qui garde une longueur d'avance sur l'autel des sensations mécaniques et du prix. Cela ne va pas durer très longtemps... Revoyez la vidéo de ce match. Vous aurez le verdict à la fin de cet article.

Leçon de danse

A un moment donné, la surcharge pondérale se paie et le TT reçoit une leçon de dynamisme de la part de Porsche. C'était déjà le cas entre le coupé RS et le Cayman, dans une moindre mesure. On ne retrouve pas le piquant, ni la niaque du coupé, mais plutôt le déhanché de l'ancienne génération : efficace, mais lourd de l'avant et typé sous-vireur. Dommage, car le niveau de rigidité est fort satisfaisant. On sent que le châssis travaille davantage, mais il reste digne et ne se désunit pas, contrairement à celui du SLC 43 AMG. Au-delà du poids supplémentaire, les réglages de suspension pilotée (en série) sont assagis. Il en ressort un avant plus paresseux que le coupé au placement et un arrière moins mobile en conservant les freins. Bref, si vous êtes amoureux du TT RS et que vous adorez les serpentins, optez pour le coupé... Et si vous hésitez avec le Boxster S, le choix s'opère vite sur ce point : victoire écrasante de Porsche, qui parvient à conjuguer dynamisme, confort et réactions joueuses avec brio. Entre un sous-virage marqué et un survirage à la demande, vous préférez quoi ? Aucune hésitation. Encore faut-il que le Boxster S soit bien équipé ! Rappelons que l'amortissement piloté est optionnel, comme l'autobloquant, l'échappement Sport ou la boîte robotisée PDK. En ajoutant des éléments essentiels à la revente -cuir étendu, GPS, pack Chrono, volant multifonctions, belles jantes, aides au stationnement -, la facture dépasse les 100 000 € ! Pour un 4 cylindres, cela devient indécent. Au contraire, Porsche devrait faire profil bas. D'autant que la décote risque d'être vertigineuse. Le TT n'est pas donné, mais la pathologie familiale est moins développée. Au final, ces roadsters ne sont pas parfaits. L'un excelle dans le dynamisme. L'autre dans les sensations mécaniques. Si vous n'avez pas encore regardé le clip de ce match, cliquez ici. Encore un peu de patience, vous avez le nom du vainqueur ci-dessous.

Victoire de...

Le Boxster S remporte ce match et venge le Cayman S et l'emporte grâce à son dynamisme nettement supérieur. Le TT RS fait vibrer par son 5 cylindres turbo, mais il s'éloigne du coupé en agilité et l'on ressent trop le nez pesant. Dans les deux cas, la facture flambe autant que les chronos et tend vers l'univers des GT.

Voici quelques données sur l'Audi TT RS Roadster :
> Moteur : 5 en ligne turbo, bi-injection, 2,5 litres, 400 ch à 5 850 tr/mn, 48,9 mkg à 1 700 tr/mn
> Transmission : intégrale, 7 rapports robotisés
> Poids constructeur/mesuré : 1 530/1 587 kg
> Prix de base/modèle essayé : 77 800 €/87 225 €

> Performances mesurées : 280 km/h (en option), 0 à 100 km/h en 3''7, 1 000 m D.A. en 22''0.
Voici quelques données sur la Porsche Boxster S :
> Moteur : flat-4 turbo, 2,5 litres, 350 ch à 6 500 tr/m, 42,8 mkg à 1 900 tr/mn
> Transmission : aux roues AR, 7 rapports robotisés en option
> Poids constructeur/mesuré : 1 385/1 451 kg
> Prix de base/modèle essayé : 72 680 €/109 350 €
> Performances mesurées : 285 km/h, 0 à 100 km/h en 4''1, 1 000 m D.A. en 22''3.

Photo : Joël Peyrou / EMAS

Photo de Julien Diez

posté par :
Julien Diez

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Commentaire(s)3

samedi 08 juillet 2017 à 22:06 Str dit : J'arrive toujours pas à croire que Porsche a osé installer un 4 cylindres dans son boxster. Lamentable. Surtout qu'audi et BMW qui sont des marques "généralistes" n'ont pas tronquer leurs moteurs.

samedi 08 juillet 2017 à 15:52 Garcia72 dit : Pas besoin forcément d'avoir "le son" : quand la 356 (Porsche of course) est apparue, on lui trouvait beaucoupp de sex-appeal et une voix rauque-mais-sensuelle (et pas sans suite) !...

samedi 08 juillet 2017 à 15:52 Garcia72 dit : Pas besoin forcément d'avoir "le son" : quand la 356 (Porsche of course) est apparue, on lui trouvait beaucoupp de sex-appeal et une voix rauque-mais-sensuelle (et pas sans suite) !...