Publié le 25/10/2017 à 14:51

F1 - Pénalités: la FIA est-elle assez constante ?

F1 - La FIA a-t-elle été constante dans le respect des limites de la piste ?

La FIA a-t-elle été constante dans le respect des limites de la piste à Austin ? Retour sur la pénalité de Max Verstappen et les incidents du week-end.

La pénalité de Max Verstappen relance le débat sur la constance de la FIA dans l'application des pénalités. A Austin, le Néerlandais a doublé Kimi Räikkönen au virage 17 dans le dernier tour. Après l'arrivée, il a perdu la troisième place au profit du pilote Ferrari, en raison d'une pénalité de cinq secondes. Les commissaires lui reprochaient d'être passé hors de la piste dans son dépassement.

Verstappen a exprimé sa colère face à la décision des commissaires, et il estime que cette décision nuit au spectacle en Formule 1.

Retour sur cet incident mais aussi sur les autres, non pénalisés, qui ont suscité le débat depuis dimanche.

Ce que dit le règlement

Le règlement sportif définit précisément ce qui est interdit : « Les pilotes doivent faire des efforts pour rester sur la piste en permanence et ne pas quitter la piste sans raison explicable, » indique l'article 27.3 du Règlement Sportif. « Un pilote sera considéré comme hors de la piste si aucune partie de la voiture ne reste en contact avec elle, et pour éviter tous les doutes, les lignes blanches qui définissent les limites de la piste sont considérées comme faisant partie de la piste mais les vibreurs ne le sont pas. »

Cela signifie donc qu'un pilote reste dans la légalité sur les roues touchent encore la ligne blanche. S'il passe sur un vibreur large, mais avec les roues derrière la ligne, il est considéré comme étant hors de la piste.

Dans les faits, une tolérance est laissée, notamment si le pilote a fait une erreur ou s'il a dû passer hors de la piste pour éviter un concurrent. C'est si le pilote ressort avec un avantage quantifiable, comme une position gagnée ou des passages répétés qui lui font gagner du temps, qu'une sanction devient possible. « Si une voiture quitte la piste et que le pilote revient en piste, il doit le faire d'une manière sûre et sans obtenir un avantage qu'il conserve, »  souligne le règlement.

Le plus souvent, il n'y a pas de pénalité, mais surtout une position à rendre :  « C'est à la discrétion absolue du directeur de course de décider si un pilote doit abandonner l'avantage obtenu en passant hors de la piste. »

Le cas Verstappen

Pour analyser un incident, deux critères sont donc à prendre en compte. Le pilote a-t-il dépassé les lignes blanches qui définissent la piste ? Et le pilote a-t-il obtenu un avantage ? Dans le cas de Max Verstappen, les images montrent qu'il a dépassé les lignes blanches, même s'il est resté sur le vibreur, et il a gagné une position. L'infraction est donc claire.

« Les commissaires ont analysé les preuves vidéo et conclu que la voiture (de Verstappen) a bien quitté la piste, avec les quatre roues clairement hors de la piste, d'au moins un demi-mètre, et il a doublé la voiture (de Räikkönen) dans la manoeuvre, » ont indiqué les commissaires dans leur décision. « Le pilote a bien obtenu un avantage, qu'il a conservé. »

Le règlement précise que le directeur de course peut demander au pilote de rendre la position. Mais puisque la manoeuvre de Verstappen est survenue dans le dernier tour, il n'était plus possible de faire cette demande. Les commissaires de course ont donc décidé de pénaliser Verstappen de cinq secondes.

- Brawn approuve la pénalité de Verstappen

Les autres cas

Ce qui peut poser problème n'est pas tant la pénalité de Max Verstappen, mais l'absence de sanction dans d'autres incidents durant le week-end à Austin. Le Néerlandais a lui-même souligné que « tout le monde est sorti large tout le week-end », sans recevoir pénalité. Sur les réseaux sociaux, des supporters ont fait remonter plusieurs séquences du Grand Prix des Etats-Unis.

Il faut distinguer les essais, ou l'avantage obtenu en sortant de la piste ne donne aucun bénéfice concret, les qualifications, où le temps gagné peut aider à être mieux placé, et la course, où l'avantage obtenu est, dans la grande majorité des cas, un gain de position. Certains avantages obtenus ne sont pas quantifiables aussi clairement.

Concernant la course, deux images sont surtout mises en avant sur les réseaux sociaux. Dans le deuxième tour, dans sa lutte face à Daniel Ricciardo, Valtteri Bottas a résisté en passant hors de la piste à la sortie du premier virage. La FIA a bien relevé l'incident mais aucun pilote n'a été pénalisé. La fédération n'a pas communiqué sur l'incident, mais la différence avec celui entre Verstappen et Räikkönen est que le possible avantage concernait une défense, celle de Bottas, et pas une attaque. Il n'y a pas eu de changement de position, ce qui a probablement rendu la notion d'avantage gagné plus difficile à quantifier pour les commissaires.

L'autre image concerne, à tort, la lutte entre Carlos Sainz et Sergio Pérez. Une capture d'écran montre Sainz à l'intérieur du virage 14, en effet avec les quatre roues hors de la piste... mais il ne s'agit pas de son dépassement sur Sergio Pérez. C'est tentative, infructueuse, sur Esteban Ocon. Le pilote Renault n'a donc gagné aucun avantage. Son dépassement sur Pérez est survenu 15 tours plus tôt, au virage 19, et Sainz était sur la gauche de la piste, pas sur la droite.


D'autres incidents montrent des pilotes dépasser les lignes de la piste, mais sans gagner de place. Sans acte répété, qui aurait gagner du temps au pilote à chaque tour, et sans position gagnée, il ne peut pas y avoir de sanction.

Plusieurs images montrent aussi des pilotes dépasser les limites en qualifications, notamment Lewis Hamilton au virage 19. Le temps gagné est cependant difficilement quantifiable et comme pour l'incident entre Ricciardo et Bottas, les commissaires ont probablement eu du mal à être certains de l'infraction.

Sur certaines courses, notamment l'an dernier, la FIA a été très sévères avec les passages hors piste sur certains virages, que les pilotes tendent à élargir. Cette question a visiblement été moins présente à Austin, mais le débat autour de la pénalité de Verstappen pourrait pousser la fédération à définir un cadre plus strict.

La question devrait être abordée lors du briefing des pilotes à Mexico. Dans celui d'Austin, Verstappen a évoqué les lignes blanches... mais uniquement pour signaler qu'elles étaient glissantes.

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

Réagissez

Commentaire(s)3

jeudi 26 octobre 2017 à 07:42 Solar dit : Bcp d'explications pour des solutions évidentes que ces incompétents refusent d'entendre.

jeudi 26 octobre 2017 à 07:40 Solar dit : Les circuits sont ridicules, défigurés. La constance de la FIA laisse à désirer. Que l'on double ou pas, dès qu'il y a sortie de trajectoire, il y a gain de temps. Mettez de l'herbe ou du gravier ! vous allez fâcher vos amis du pétrole ? Je ne comprends pas cette amateurisme à un si haut niveau de la compétition. C'est très compliqué ou bien corrompu dans les têtes blanches de la FIA...

mercredi 25 octobre 2017 à 20:22 Mr IXE dit : "...Les pilotes doivent faire des efforts pour rester sur la piste en permanence et ne pas quitter la piste sans raison explicable..." Alors déjà rien qu'avec cette phrase on comprend mieux pourquoi ça ne fonctionne pas! Risible au premier abord et finalement d'un ridicule affligeant.Mr Todt c'est pas sérieux !!!