Publié le 30/10/2017 à 16:38

F1 - Semaine cruciale pour l'avenir de la F1

F1 - La Formule 1 va décider de son avenir cette semaine

Les équipes vont se réunir deux fois dans les prochains jours, pour définir la motorisation de 2021. Plusieurs visions vont s'affronter.

Les prochains jours vont déterminer l'avenir de la Formule 1. Ce mardi, les équipes, la FIA et la FOM seront réunies à Paris pour discuter du nouveau règlement moteur, prévu pour 2021. Une motorisation hybride devrait rester, mais avec des mesures pour réduire les coûts et améliorer le bruit. Une semaine plus tard, le 7 novembre, le groupe stratégique va se réunir, ce qui pourrait permettre d'entériner des décisions.

Les groupes propulseurs lancés il y a trois ans regroupent tous les maux selon Christian Horner. Il aimerait qu'ils disparaissent le plus vite possible.

« J'aimerais que cela se fasse l'an prochain, » reconnaît Horner. « Pour moi, ces moteurs n'ont apporté que de mauvaises choses en Formule 1 : ils n'ont rien fait pour améliorer le championnat, ils ont enlevé le bruit, la passion, ils ont apporté trop de complexité, ils sont loin de la technologie des véhicules de série. Plus vite on s'en débarrassera, mieux ce sera. »

« Malheureusement, un contrat entre les constructeurs et la FIA garantit la présence de ce moteur jusqu'en 2020, et je ne pense pas qu'il y aura assez de manoeuvres entre les constructeurs pour abandonner cette technologie et ce groupe propulseur avant 2021. »

Des visions opposées

En 2021, les moteurs devraient rester des V6 hybrides, une condition nécessaire pour que des constructeurs aient le désir d'être impliqués en F1. Des pièces pourraient être standardisées. Maurizio Arrivabene fixe des objectifs simples.

« J'ai dit plusieurs fois que notre vision pour l'avenir des moteurs en 2021 est très simple, » a confié le patron de la Scuderia en conférence de presse à Mexico. « Il faut réduire les coûts, garder la même architecture et (...) améliorer les performances. C'est très simple. »

« Nous voulons trancher dans les coûts ou réduire les coûts. Nous voulons améliorer le spectacle. La façon d'y parvenir sera discutée dans les prochains jours. »

Concrètement, certaines mesures sont déjà évoquées : « Nous nous attendons à avoir la conclusion des différents groupes de travail sur des détails qui étaient étudiés (...), comme abandonner le MGU-H et simplifier le groupe propulseur, » explique Cyril Abiteboul, le directeur général de Renault Sport Racing. 

Mercedes et Ferrari ont eu l'avantage depuis le lancement des groupes propulseurs, mais les deux équipes ne dicteront pas leurs choix : « Christian (Horner) pense que nous bloquons toujours Red Bull, » indique Arrivabene. « Tout le monde a ses idées mais une chose est sûre, ce ne sont pas Ferrari ou Mercedes qui décident. Evidemment, ce sont les personnes qui fabriquent les moteurs. »

L'hybride est cependant là pour rester : « Je pense que revenir en arrière n'est pas acceptable est viable, ça n'a pas de sens pour ceux qui investissent en Formule 1, et pas seulement les constructeurs, » estime Abiteboul. Il pense qu'un retour en arrière serait « complètement inacceptable » pour les sponsors, notamment Aston Martin, qui vient de renforcer son partenariat avec Red Bull.

Ces discussions vont aussi donner une idée des projets de tous les acteurs de la F1 : « Il faut aussi mieux comprendre la vision de la FOM pour l'avenir. »

Quelle vision pour l'avenir ?

Liberty Media, détenteur de la FOM depuis le début de l'année, va en effet pouvoir imposer sa vision pour la première fois : « Il semble que c'est la première mesure de Liberty pour imprimer sa marque sur l'avenir, » souligne Christian Horner, le patron de Red Bull.

La Formule 1 doit faire un choix crucial, entre une compétition technologique ou un combat de pilotes. Pour les constructeurs, les groupes propulseurs sont devenus nécessaires dans la justification d'un engagement. Horner pense que c'est une erreur : « C'est leur domaine au final, (...) la Formule 1 appartient au monde du marketing, » estime Horner. « C'est une plateforme mondiale dans laquelle les marques s'impliquent pour faire la publicité de leurs produits et de leur marque. »

« L'aspect "démonstration de technologie" est faux sous certains aspects à mon avis, parce que (...) ce que nous utilisons n'a pas de grand rapport avec leurs modèles de série. La Formule 1 est avant tout une compétition. Il y a une part de technologie mais il faut qu'elle choisisse ce qu'elle est. »

« Est-elle totalement tournée vers la technologie, ou est-elle la course à proprement parler, l'homme et la machine à la limite, dans de gros événements, des événements spectaculaires ? »

- La F1 doit définir ce qu'elle est

Franz Tost, le patron de Toro Rosso, partage cette opinion : « Liberty Media doit prendre en compte que la Formule 1 est un divertissement, un spectacle, et nous devons trouver le bon équilibre entre divertissement, spectacle et l'odyssée technique dans laquelle la Formule 1 s'est embarquée ces dernières années, » précise-t-il. « Actuellement, nous avons un championnat de groupes propulseurs. Cela ne peut pas être l'avenir parce que si c'est l'avenir, la Formule 1 est morte. A 100%. »

Horner souhaite un énorme changement, et vite

Christian Horner aimerait un changement radical, qui mettrait moins les motoristes en avant. Même s'il a conscience que ce changement n'aura pas lieu : « J'aimerais voir un V12 peu coûteux, standardisé, à 1000 chevaux avec un son fantastique, mais je doute que nous aurons cela, » reconnait le patron de Red Bull. Il est cependant optimiste : « Je pense que ce qui sera présenté sera intéressant. Je n'ai pas tous les détails.  »

Franz Tost demande avant tout une réduction des coûts et moins d'écarts de performances : « Il faut que ce soit un moteur abordable, et ensuite j'espère que cela remettra les moteurs à un niveau similaire dans les performances, parce que la différence reste trop grande actuellement, » indique le patron de Toro Rosso. « Ferrari pourrait revenir sur Mercedes, mais Mercedes reste loin devant. J'espère que le nouveau règlement nous aidera, que les moteurs ne seront pas trop chers pour les équipes privés, et que les performances seront nivelées. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)3

mardi 31 octobre 2017 à 08:42 Jeff Pagani dit : Paragraphe 17: "Un V12 a 100 ch" ? Je me disais bien qu'elles étaient lentes les F1 ! La stantardisation générale reste la meilleure chose a faire car la F1 n'est plus un sport a proprement parler... Il suffit de voir ce quen disent les comités Olympiques !!!

mardi 31 octobre 2017 à 08:06 Mr IXE dit : On ne peut pas laisser la F1 stagner dans la seule optique du spectacle visuel et du "combat" des pilotes il faut aussi de la technologie pour passionner les spectateurs et les fans.

lundi 30 octobre 2017 à 18:21 cockernoir dit : Un V12 à 100 ch pour la F1 , ouaf ouaf !