F1 - Leclerc doit sa carrière à Bianchi

F1 - Charles Leclerc doit sa carrière à Jules Bianchi et à son père

Jules Bianchi a eu un rôle central dans la carrière de Charles Leclerc. Le père du nouveau pilote Sauber, Hervé, l'a aussi beaucoup aidé.

La signature de Charles Leclerc chez Sauber, confirmée samedi, n'avait rien d'une surprise. Le membre de la Ferrari Driver Academy reste sur deux titres en deux ans, en GP3 puis en F2, les deux catégories qui mènent directement à la F1. Son parcours n'a pourtant pas été simple.

En 2011, Leclerc a failli interrompre sa carrière, faute de budget. Jules Bianchi, dont il était très proche, l'a alors mis en relation avec son manager, Nicolas Todt. Ce dernier a décidé de prendre Leclerc sous son aile et de l'aider à financer sa carrière. Sans ce soutien, Leclerc aurait raccroché son casque.

« Fin 2011, je devais arrêter le sport auto parce que mon père n’avait malheureusement plus les moyens de me payer ma carrière, » a expliqué le Monégasque dans Rookies, un documentaire de Canal +. « Heureusement, Jules Bianchi était mon parrain sportif. Il m’a beaucoup aidé. Il a appelé Nicolas mi-2011 en lui disant que si je n’avais pas une aide supplémentaire à la fin de l’année, j’arrêterais ma carrière. »

Les deux pilotes se connaissaient très bien : « C’était quelqu’un de très proche de ma famille, » a expliqué Leclerc sur le site officiel de la F2. « Les Bianchi et ma famille sont très, très proches, nous nous sommes toujours côtoyés et c’est plus ou moins une famille, donc je le voyais souvent. Quand j’ai commencé la course, il voulait être mon parrain dans la course, donc il pensait à tout pour moi, et quand j’avais un problème, je l’appelais. »

Todt a vite été convaincu

Nicolas Todt ne savait pas vraiment à quoi s'attendre en prenant en mains la carrière de Charles Leclerc. Très vite, il a été convaincu par ses performances. Les succès qu'ils ont connus ensemble sont dus à Jules Bianchi.

« Au début, j’ai décidé de l’aider plus par amitié, pour "faire plaisir" à Jules, en me disant également "Charles m’a fait bonne impression, c’est un chic gamin, donc autant lui donner sa chance en karting, et ensuite on verra", » a précisé Nicolas Todt dans Rookies. « Depuis ce jour là, il ne m’a jamais déçu, bien au contraire. »

« C’est une belle histoire et surtout, pour moi, si un jour Charles y arrive, je me dis que là-haut, Jules y est pour quelque chose. Je pense que c’est exactement ce que se dit Charles. »

Charles Leclerc a vite montré à Nicolas Todt qu'il avait fait le bon choix : « Le fin de cette année là (2011) s’est bien passée parce que j’ai remporté la Monaco Kart Cup, qui était une course très prestigieuse en karting à l‘époque, et je pense que cela a aussi aidé Nicolas à voir que j’avais du potentiel, » souligne Leclerc. « Et il m’a aidé jusqu’à aujourd’hui. »

Jules Bianchi conseillait Charles Leclerc

Ce n'est pas qu'à travers la rencontre avec Nicolas Todt que Jules Bianchi aidait Charles Leclerc. Il lui donnait de nombreux conseils, notamment à ses débuts en monoplace.

« Jules m’a énormément aidé: je ne pense pas que cela aurait été possible sans lui, » souligne Leclerc. « Même quand j’ai débuté en monoplace, il m’a beaucoup aidé la première année. Quand j'ai terminé la première de deux journées (d’essais), la différence avec le karting était énorme, mais il était toujours là pour un appel en fin de journée, et il me donnait des conseils.»

« J’ai été performant plus vite que s’il n’avait pas été là, il m’aidait beaucoup, à tous les niveaux. »

Le père de Charles Leclerc a eu un rôle important

L'autre personne à qui Charles Leclerc doit sa carrière est son père, Hervé Leclerc, pilote de F3 dans les années 1980 et 1990. Il lui a très vite transmis son goût à la course... et tout a commencé avec une journée d'école manquée.

« J’ai suivi mon père parce que je ne voulais pas aller à l’école ce jour là, » explique Leclerc. « J’avais 4 ans et j’ai dit que j’étais malade, ce qui n'était pas totalement vrai, et il m’a emmené chez son meilleur ami : chez le père de Jules Bianchi (Philippe), qui avait une piste à Brignoles à l’époque. »

C’est donc « par accident » que Leclerc s’est retrouvé pour la première fois dans un karting : « J’ai aimé ça immédiatement, et en rentrant chez nous, j’ai dit que je voulais faire ça plus tard. C’est pour ça que je fais de la course, parce que j’aime ça plus que tout. »

Le père de Charles Leclerc l'a énormément aidé : « La place la plus importante qu’il avait, c’était surtout après : il me donnait des conseils très importants à mes débuts, j’étais très jeune, et il m’aidait à prendre les bonnes décisions, ce qui est très important dans ce sport : si on n’a pas la bonne équipe, on ne peut rien faire, » rappelle le champion de la F2.

« Il était toujours là pour m’aider à faire les bons choix, et aussi pour que je progresse : il avait un peu d’expérience comme pilote, il savait ce qu’il fallait éviter et il me l’a dit. Cela m’a beaucoup aidé dans ma carrière. »

Le père de Charles Leclerc est décédé quelques jours avant les courses de Bakou en Formule 2 cette année. « Je n’ai jamais envisagé de ne pas rouler à Bakou, » assure Charles Leclerc. « Parce que mon père était mon supporter numéro un. Il voulait que je sois bon à chaque course, donc je n’ai jamais douté d’aller à Bakou, parce que je suis sûr qu’il aurait voulu que j’y sois et que je gagne pour lui. »

Leclerc a abordé la course dans un contexte difficile, qu’il qualifie de « pire préparation de toute (sa) carrière ». Et finalement, Leclerc a impressionné : « Je me suis dit que je serais heureux de décrocher la pole pour lui, je savais ce qu’était un bon tour sur cette piste, et je voulais le refaire du mieux possible. Celui de Bakou était probablement l’un de mes meilleurs, sur une piste que je ne connaissais pas vraiment. »

Charles Leclerc a réussi un véritable exploit ce week-end là, gagner les deux courses, même s’il a finalement reçu une pénalité dans la deuxième, qui l’a relégué à la deuxième place. « (Je voulais) faire le meilleur week-end possible pour lui. Et je pense que c’était l’un de mes meilleurs week-end, peut-être le meilleur de l’année. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)3

mardi 05 décembre 2017 à 08:00 Mr IXE dit : C'est pour ça que j'avais bien précisé "humour" dans mon titre sans rentrer dans des considérations économiques sérieuses...mais bon même sur le ton de la plaisanterie ça dégomme sec ici.

lundi 04 décembre 2017 à 17:12 MB1 dit : La plupart des Monégasques (les vrais, pas les exilés fiscaux) ne sont pas des millionnaires ^^

lundi 04 décembre 2017 à 14:23 Mr IXE (humour) dit : ... mon père n’avait malheureusement plus les moyens ...venant d'un monégasque c'est presque une contre-vérité !