F1 - Les soucis méconnus de Force India en 2017

F1 - Comment Force India a surmonté de gros problèmes aérodynamiques

Force India a eu de gros soucis aérodynamiques en 2017, avec une soufflerie qui ne donnait pas de bons résultats. L'équipe a su les surmonter.

Les monoplaces ont énormément évolué en 2017, en raison du nouveau règlement aérodynamique. Ces changements ont apporté un lot de problèmes inattendus. Alors que Mercedes a dû s'adapter à une monoplace régulièrement qualifiée de « diva » par Toto Wolff, le patron de l'équipe championne du monde, Force India a aussi eu un important travail de développer à effectuer. L'équipe a réussi une très belle saison, terminée à la quatrième place, mais cela n'avait rien d'acquis aux essais de Barcelone, en début d'année : la monoplace ne répondait absolument pas aux attentes.

« Nous savions que la voiture était encore très immature, » explique Andrew Green, le directeur technique de Force India, dans Auto Motor und Sport. « Elle n’était tout simplement pas terminée. Mais il fallait finir la voiture dans les temps, juste pour participer aux essais. Beaucoup de choses n’étaient pas prêtes, où à un stade de développement très peu avancé. Donc ce n’était pas surprenant que la voiture ne fonctionne pas bien. »

« Le poids et la stabilité aérodynamique posaient problèmes. Il fallait trouver des solutions rapidement. »

Des soucis à répétition sur le diffuseur

C'est dans l'aérodynamique que Force India avait ses plus gros problèmes, surtout sur le diffuseur, responsable de l'écoulement de l'air à l'arrière de la monoplace. Certaines données obtenues en piste ne correspondait pas à celles annoncées par la soufflerie. Selon les termes d’Andrew Green, Force India a dû « réconcilier » le modèle de la soufflerie avec les simulations CFD , l’étude de la dynamique des fluides par ordinateur. « Nous avons passé l’essentiel de la première moitié de la saison à aligner tous nos outils de développement dans la même direction, » détaille l’ingénieur. « C’était un gros souci, que nous n’avions jamais connu, et nous avons retrouvé le bon chemin. »

Force India a marqué des points à Melbourne et à Shanghaï. L’équipe a apporté de grosses nouveautés à Bahreïn, avec des déflecteurs, un diffuseur et différents éléments aérodynamiques revus. « Ces nouveautés auraient dû arriver en Australie, » reconnaît Green. « Malheureusement, nous n’avons pas tenu les délais de construction fixés après les essais privés. Cela ne nous a pas trop fait progresser, même s’il c’était des pièces assez nouvelles. »

A Barcelone, Force India a fait des expérimentations sur son diffuseur, sans obtenir le succès escompté. Mais l’équipe a apporté un nouveau déflecteur, aux effets bénéfiques inattendus : « L’effet positif était en totale contradiction avec ce que notre soufflerie disait, » révèle Green. « La solution qui marchait le mieux sur la voiture n’était pas la même qu’en soufflerie. Cela nous a ouvert les yeux. »

Esteban Ocon et Sergio Pérez ont marqué de gros points durant tout le printemps et tout l'été, aidés par des solutions apportées par Force India. Pour corriger les soucis sur le diffuseur, Force India ne s'est pas trop concentrée sur l'aileron avant, qui n'a réellement évolué qu'à Silverstone. L'équipe a préféré travailler sur le dessous de la voiture et les déflecteurs : « Ils ont un effet énorme sur la voiture, une chose que nous n’avions pas anticipée, » reconnaît Green. « Mais nous sommes malins et nous avons pu simuler les effets de changements dans ces données. »

Singapour a marqué un tournant

e n’est qu’à Marina Bay que Force India a eu les nouveautés souhaitées sur son diffuseur. « C’était un gros pas en avant, probablement le plus gros de l’année, » estime Green. Le T-Wing, l’élément placé au dessus du capot-moteur, et le monkey-seat, un élément sous l’aileron arrière, ont aussi évolué.

Green estime que ces nouveautés ont fait gagner « plus d’une demi-seconde ». Elles ont demandé 10 semaines de développement. Force India a continué à apporter des nouveautés jusqu’à Mexico, la 18ème des 20 courses de l’année.

Concernant le poids, la monoplace était « plus de 10kg » plus lourde que prévu en début d'année. « La boîte de vitesses et le groupe propulseurs, notamment, étaient plus lourds que prévu, » détaille Green. « Mais également certains composants, comme ceux pour le refroidissement. » C’est à Barcelone que Force India a pu apporter des nouveautés pour compenser cet excédent de poids.

Au final, Green estime que Force India gagné « quelques secondes » entre la première et la dernière course de la saison. Une évolution logique avec un nouveau règlement, puisque la marge de progrès est toujours importante quand la base est nouvelle.

Certains éléments dépendent de Mercedes

Force India était privée d'une marge de manoeuvre dans certains domaines. L’empattement de la monoplace, l’espace entre les roues avant et arrières, était long sur la monopplace en 2017. Ces caractéristiques ont pour effet de rendre la monoplace moins agile sur les circuits tortueux, mais plus performante sur les tracés rapides. Cet empattement est « dans les faits imposée » par Mercedes selon Green.

« Le moteur a une taille fixe, le cockpit a une taille fixe, et le réservoir est toujours de la même taille, » détaille Green.  « La position des roues arrières est déterminée par la boîte de vitesses, fournie par Mercedes. Et nous n’avons plus de variable d’ajustement à l’avant parce qu’il faut respecter la répartition des masses. »

« Au final, notre voiture est automatiquement aussi longue que la Mercedes. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

Réagissez