Publié le 27/06/2018 à 14:51

F1 - Quelle était l'ampleur des dégâts de Bottas ?

F1 - Comment Mercedes a géré la remontée de Bottas au Paul Ricard

Valtteri Bottas a perdu environ 5% d'appuis après son contact avec Sebastian Vettel. Sa monoplace est devenue très imprévisible.

Suite à leur accrochage dans le premier tour, Sebastian Vettel et Valtteri Bottas se sont retrouvés dans une situation similaire. Ils ont dû passer aux stands, pour un changement d'aileron avant pour le premier et à cause d'une crevaison pour le second. Ils ont pris les pneus tendres et ils ont dû faire un deuxième arrêt.

Vettel a fini à la cinquième place, deux positions devant Bottas. Malgré une pénalité de cinq secondes, Vettel a fini une vingtaines de secondes devant le pilote Mercedes, et il a plus facilement gagné des places. Comment expliquer cette différence ? La monoplace de Bottas avait de plus gros dégâts suite à leur contact.

La Mercedes a perdu « environ 5% » de ses appuis selon Andrew Shovlin, le responsable de l'ingénierie de l'équipe championne du monde. « Cela n'a pas été directement causé par le contact avec Vettel, » précise-t-il dans une vidéo publiée par Mercedes. « C'est à cause des dégâts provoqués par le pneu. Avec la crevaison, il a commencé à se détruire. En touchant le fond plat, le pneu a fait des dégâts. »

En cas de crevaison, les pilotes savent que la monoplace peut être endommagée et ils gèrent leur rythme pour revenir aux stands : « Il faut rouler assez lentement pour ne pas causer de trop gros dégâts sur le fond plat, mais aussi assez vite pour rester avec les autres pour le restart. »

Des dégâts difficiles à anticiper

Certaines pièces ne se sont pas complètement détachées, ce qui a rendu la monoplace assez imprévisible durant toute la course.

« Le problème, c'est que les dégâts sur le fond plat n'étaient pas que des pièces qui se sont arrachées, » précise Shovlin. « Il y avait des pièces qui bougeaient. C'est pour ça que c'est un peu plus compliqué, parce qu'on perdait plus ou moins de performance selon les virages. »

« Le plus gros problème de Valtteri n'était pas juste la perte d'appuis, mais aussi le côté imprévisible. Dans certains virages ça allait, à certains tours ça allait, mais par moments il sentait une grosse perte d'appuis à l'arrière, et cela créait une instabilité. »

Pourquoi un deuxième arrêt ?

Valtteri Bottas est remonté devant Kevin Magnussen, au huitième rang. Mercedes a choisi de lui faire faire un deuxième arrêt, ce qui a permis au Danois de reprendre l'avantage. Bottas n'a pas pu doubler à nouveau Magnussen mais l'équipe ne regrette pas son choix.

« Il y avait deux raisons (derrière ce deuxième arrêt), » explique Shovlin. « Avec ses soucis de comportement, il avait de grosses difficultés. Il avait des plats sur ses pneus à l'avant et nous avions une petite vibration. Nous avons vu avec (Lance) Stroll que si on a cette vibration, (...) cela peut mener à une crevaison. L'autre problème est que les pneus arrières n'étaient pas en bon état. Les dégâts à l'arrière faisaient perdre beaucoup d'adhérence. Il glissait et il avait peu de gomme à l'arrière. »

« Nous pensions pouvoir regagner des places, que nous serions assez rapides pour passer devant la Renault (de Carlos Sainz) et la Haas (de Kevin Magnussen). Nous n'avons pas pu le faire. Sans la VSC, cela aurait peut-être était possible. Cela nous a fait perdre une place mais nous avons évité un problème avec les pneus. »

Bottas a quand même pu doubler Sainz, mais uniquement parce que le pilote Renault a eu un souci de MGU-K.

Mercedes a mis du temps à fixer un objectif

Mercedes a eu besoin de quelques tours pour fixer un objectif dans la remontée de Valtteri Bottas. L'équipe a d'abord visé la sixième place, ce que la nécessite du deuxième arrêt a finalement rendu impossible.

« Sur le moment, nous ne savions pas (à quelle place Bottas pouvait prétendre), » reconnaît Shovlin. « Nous ne connaissions pas l'étendue des dégâts, donc nous ne connaissions pas les performances dont la voiture était capable. »

« En mettant les pneus tendres, la consigne qui lui a été donnée était de se battre pour remonter dans le cassement. A ce stade, remonter dans le classement était plus important que faire tenir les pneus jusqu'à la fin. Nous avons vu qu'il pouvait revenir sur le milieu de classement et ils devaient tous passer aux stands, ils n'avaient pas encore fait d'arrêt. »

« Assez tôt, nous avons pensé à une position à l'arrière du top six. Valtteri a fini à la septième place. L'objectif n'a pas été atteint mais les points étaient un objectif réaliste. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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