Publié le 25/07/2018 à 12:04

F1 - Les consignes au coeur du débat à Hockenheim

F1 - Les consignes ont influencé la course à Hockenheim

Ferrari et Mercedes ont imposé des consignes à Hockenheim. Elles avaient des buts totalement différents.

Le Grand Prix d'Allemagne a été marqué par des consignes chez Ferrari et Mercedes, de nature différente. Un arrêt anticipé à permis à Kimi Räikkönen de prendre l'avantage sur Sebastian Vettel, leader en début de course. Vettel ne pouvait pas doubler son équipier mais il se sentait ralenti et ses pneus surchauffaient. Ferrari a finalement demandé à Räikkönen de laisser passer l'Allemand.

A ce moment de la course, il n'était pas certain que Räikkönen devrait faire un deuxième arrêt. « J’étais performant et c’était à un moment de la course où dans l’idéal, je n’allais pas m’arrêter, » a déclaré Räikkönen en conférence de presse après l’arrivée.

Pour voir l'arrivée, il aurait dû faire un relais de 53 tours en pneus tendres, ce qui paraissait difficile. Lewis Hamilton est le pilote qui a fait le relais le plus long avec ses pneus, de 42 tours. Les conditions étaient différentes, puisque Hamilton devait attaquer pour remonter et qu'il avait beaucoup de carburant, alors que Räikkönen roulait avec une voiture allégée. Hamilton avait des pneus très usés mais il voulait aussi prendre les ultra-tendres avant la possible arrivée de la pluie, pour avoir plus d'adhérence dans ces conditions.

L'arrivée de la voiture de sécurité a permis à Räikkönen de changer de pneus et il est donc impossible de savoir si ses gommes auraient tenu jusqu'au bout.

Après avoir doublé Räikkönen, Vettel a vite creusé l'écart. Dans les 11 tours qui ont suivi, le quadruple champion du monde a fait grimper l'écart à 5,''276. Räikkönen s'est même retrouvé sous la menace de Valtteri Bottas, qui l'a doublé dans le trafic. Un tour après l'accident de Vettel, soit deux boucles plus tard, son avance sur Räikkönen était de 9''967.

Cette différence de rythme justifie-t-elle la consigne ? Ferrari a très peu évoqué le sujet après l'arrivée. « Au final, cela ne change pas grand chose, » estime Räikkönen.

Mercedes assume ses consignes

Les consignes de Mercedes ont été très différentes. Lors du restart, Bottas a profité de ses pneus neufs pour mettre la pression sur Lewis Hamilton, et il a failli le doubler après l'épingle. Mercedes a très vite gelé les positions. Bottas a respecté la consigne et après l'arrivée, il a estimé que c'était « exactement la bonne décision ». Toto Wolff voulait surtout préserver le doublé.

« Avec autant de choses en jeu, et après la malchance des dernières semaines, nous avons décidé de demander à Valtteri de conserver sa position, cela aurait été la même chose si les voitures avaient été dans les positions inverses, parce qu’il fallait protéger le doublé et éviter de perdre une voiture, ou les deux » assure le patron de Mercedes Motorsport.

Il garantit que cette consigne ne fait pas de Hamilton un leader et de Bottas un équipier : « La compétition est importante, » a déclaré Wolff à ESPN. « Nous avons toujours dit que dans le dernier tiers ou quart de la saison, s’il y a une grosse différence entre les pilotes, nous pourrons prendre ces décisions impopulaires. Mais il est bien trop tôt dans la saison pour le faire. »

Brawn comprend les consignes

Ross Brawn a été confronté à des consignes lorsqu'il était le directeur technique de Ferrari. Il estime que la consigne de la Scuderia à Hockenheim était plus évidente que celle de Mercedes.

« C’était probablement plus évident pour (...) Räikkönen de laisser passer Vettel, qui avait des pneus neufs, mais pour Bottas, entendre qu’il devait garder sa place et ne pas attaquer Hamilton, qui avait des pneus plus usés, cela a peut-être été un peu plus dur, vu qu’il ne restait que quelques tours, » estime le responsable de la compétition de la F1 dans la newsletter du championnat.

Brawn estime que les consignes sont naturelles dans certaines circonstances : « Au final, les deux ont fait ce qu’on leur demandait et ils ont joué le jeu de l’équipe, parce qu’il ne faut pas oublier que la Formule 1 n’est pas qu’une compétition entre pilotes, mais aussi et avant tout un sport d’équipe, » souligne-t-il.

« Derrière les individus au volant, il y a des centaines de personnes qui travaillent pour leur donner une voiture victorieuse, pour fabriquer une meilleure voiture, faire un arrêt le plus vite possible ou travailler jour et nuit pour assurer que la dernière version d'un aileron avant arrivera à temps sur un week-end de course. Le pilote doit ensuite décrocher le meilleur résultat possible pour l’équipe, dans toutes les courses de la saison. »

Les consignes ne sont jamais données à la légère : « Durant toutes mes années sur le muret des stands, j’ai demandé à plusieurs occasions à un pilote de faire un sacrifice, pas par désir de favoriser son équipier, mais pour que le résultat d’ensemble soit le meilleur possible pour l’équipe, » explique Brawn. « Oui, avec le recul, certaines décisions n’étaient pas utiles, mais je vous assure qu’on prend ces décisions en se disant qu’un point peut être décisif pour gagner ou perdre un championnat. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)5

mercredi 25 juillet 2018 à 20:52 CHAPARRAL dit : Ah bon ? ....ils n'ont pas besoin d'être protégé N°1 ...les commissaires s'en chargent quoiqu'il arrive !

mercredi 25 juillet 2018 à 17:42 CarCircus dit : @juju, je vous l'accorde, pour Ferrari, c'est un peu spécial cette histoire de pilote numéro 1, mais chez les autres ça reste moins flagrant.

mercredi 25 juillet 2018 à 15:16 Juju dit : Le problème est justement ce statut tacite de pilote n°1. Souvenons nous de Raïkkonen à Monaco l'an passé. Il était tout de même bien tôt dans la saison pour le sacrifier. Souvenons nous aussi d'Eddie Irvine, en 1999 qui a été sacrifié durant la première partie de saison pour que Mickaël Schumacher engrange le plus de points possible. Mais Schumi s'est brisé les jambes et Irvine a finalement perdu le titre de peu. A Hockenheim, en flinguant la course de Kimi dans l'intérêt de l'équipe, c'est Mercedes qui fait un doublé. L'intérêt de l'équipe, c'est bien, mais parfois, ça se fait... contre l'intérêt de l'équipe.

mercredi 25 juillet 2018 à 14:12 CHAPARRAL dit : Si cela ne concernait que l'équipe !....que penser des pilotes équipés du même moteur et qui mettent le clignotant quand le chef de file est dans les rétros ?

mercredi 25 juillet 2018 à 13:12 CarCircus dit : La F1 est un sport d'équipe autant qu'un autre, alors pourquoi pas de consignes, surtout quand il s'agit d'un doublé, et que le pilote numéro 1 joue le championnat.