Publié le 02/10/2018 à 12:28

F1 - Comment la F1 gère le fret aérien

F1 - La Formule 1 gère 750 tonnes de fret aérien

La Formule 1 se charge de déplacer 750 tonnes de matériel par avion pour les courses outre-mer. Du matériel est également transporté par la mer.

Dimanche, les équipes et les pilotes étaient tous à Sotchi, en Russie. Vendredi, les monoplaces reprendront la piste à Suzuka, au Japon, à 8000km. Le matériel arrivera sur le circuit ce mercredi, surtout par voie aérienne. Pour la Formule 1, cette logistique est pourtant moins difficile à gérer que la série de trois courses en trois week-ends durant l'été, qui demandaient une organisation très particulière.

« En fait, alors que des enchaînements de courses en Europe peuvent paraître plus simples, ils sont bien plus complexes que ceux outre-mer, parce que les enchaînements en Europe impliquent des démontages de motorhomes, des montages de motorhomes, des flottes de camions et de nombreux déplacements, » explique Steve Nielsen, le directeur sportif de la F1. « En Europe, la F1 a besoin de près de 300 camions. C'est bien plus complexe qu'outre-mer. »

« Même si les distances outre-mer sont évidemment bien plus grandes, on emballe tout et on le met dans les mêmes avions. La Formule 1 organise le déplacement de tout le fret des équipes et c'est un processus très efficace, le matériel est déplacé d'une façon bien plus lisse que sur une course européenne. La où la F1 est le mieux préparée, c'est ironiquement pour les courses outre-mer longue distance, ce sont les plus simples pour la logistique. »

A Sotchi, le démontage des stands a commencé dès l'arrivée. L'objectif était de commencer à monter les premières palettes dans les camions une heure plus tard. Le processus de démontage prend sept à huit heures. Le matériel est ensuite placé dans les avions.

« Cela représente six ou sept avions Boeing 747 cargo, » précise Nielsen. « Selon ce que les équipes décident de prendre, il y a parfois un septième avion. Un jumbo jet peut embarquer environ 130 tonnes, donc cela fait beaucoup de choses. Il ne s'agit pas que du matériel des équipes mais aussi le nôtre, le centre de réalisation, le matériel de chronométrage, et tout le matériel de la FIA. Cela dépasse largement les 750 tonnes. »

Le matériel des équipes, y compris les panneaux qui forment les murs des stands, est intégralement conçu pour rentrer dans les conteneurs prévus pour les avions.

Une partie du matériel est dupliquée

Le matériel n'est pas déplacé que par voie aérienne. Une partie du fret se fait par voie maritime, un mode plus économique mais aussi plus lent, ce qui nécessite aussi une logistique importante. Pour Melbourne, une course organisée fin mars, Mercedes a commencé à envoyer du matériel par la mer mi-janvier.

« Puisque depuis pas mal de temps, plus de la moitié des courses sont outre-mer, une grande partie des dépenses est consacrée au fret aérien, qui est coûteux, » souligne Nielsen. « Donc il faut trouver un équilibre en envoyer une partie du matériel par la mer. »

« Prenons du matériel comme les vis. Cela ne coûte pas cher mais cela peut peser 10kg, donc cela a du sens de les dupliquer en cinq exemplaires et de les envoyer par la mer, plutôt qu'avoir un seul object lourd qui parcoure le monde. »

« On ne le fait pas avec les pièces des voitures, mais on peut le faire avec des barrières de contrôle ou les panneaux des stands, des pièces plus grosses, plus lourdes, donc le coût est assez faible. Donc en général, les équipes en ont cinq exemplaires. A à tout moment, deux ou trois exemplaires seront sur un conteneur de bateau pour se rendre à la prochaine course. »

Le matériel des équipes est de plus en plus important, et il doit donc être amené de plus en plus tôt, pour pouvoir être installé. Il y a une vingtaine d'année, l'essentiel des pièces arrivait le mardi. Elles arrivent désormais quatre jours plus tôt. La F1 a aussi un matériel de plus en plus imposant pour réaliser les courses.

« Le centre de production est monté encore plus tôt, » explique Nielsen. « Je suis allé au Brésil récemment, et je pense que nos premiers employés arrivent au Brésil le mercredi dans la semaine précédant la course. Les derniers partiront le mercredi matin après la course. »

A tout moment donné, certaines pièces peuvent être sur un circuit, d'autres déjà sur la piste du Grand Prix suivant, et d'autres sur la mer, pour se diriger vers une course ou revenir vers les usines.

« Je suis toujours émerveillé par la façon dont cela se passe, » souligne Nielsen. « Ce que la Formule 1 fait en piste est spécial, mais pour moi, la logistique pour déplacer le championnat à travers le monde est tout aussi impressionnante. Je reste effaré de voir que nous pouvons déplacer autant de matériel, sur de si grandes distances, et que deux ou trois jours tout soit à l'autre bout du monde, prêt à fonctionner. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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