Publié le 03/10/2018 à 14:28

F1 - Pourquoi la stratégie de Hamilton a échoué

F1 - Mercedes explique la stratégie de Hamilton en Russie

Mercedes a tardé à faire l'arrêt de Lewis Hamilton à Sotchi, en anticipant mal l'état de ses pneus. L'équipe a ensuite voulu le protéger de Sebastian Vettel.

Avant de demander à Valtteri Bottas de laisser passer Lewis Hamilton à Sotchi, Mercedes avait fait un mauvais choix stratégique pour l'Anglais. Hamilton s'est arrêté deux tours après Bottas, et surtout un tour après Sebastian Vettel, qui a ainsi pu le doubler. Pourquoi avoir autant attendu ? Mercedes a d'abord penser qu'avec le champs libre, Hamilton pouvait augmenter son rythme mais dès qu'il l'a fait, ses pneus se sont dégradés.

« Quand Valtteri s'est arrêté, Lewis a pu améliorer ses performances en profitant du champs libre, et on a vu qu'il roulait un peu plus vite, » explique Andrew Shovlin, le responsable de l'ingénierie de Mercedes, dans une vidéo publiée par l'équipe. « Il a pu trouver environ 0,6sec (au tour). C'est ce qui nous a fait penser qu'avec le champs libre, nous pourrions même repartir devant (Max) Verstappen (qui ne s'était pas encore arrêté). Mais malheureusement, en attaquant sur les pneus, les ultra-tendres ont commencé à se dégrader. Ces pneus ne sont pas très solides. Nous aurions dû le faire rentrer aux stands un tour plus tôt. Ferrari en a profité, ils ont fait rentrer Vettel et ils ont pu nous faire l'undercut. »

Faire l'arrêt de Hamilton avant celui de Bottas aurait évité cette situation, mais Mercedes ne pouvait pas l'anticiper : « Sincèrement, nous avons tout envisagé, » explique Shovlin. « Nous discutions des possibilités avec les voitures à chaque tous. Nous ne savions pas quel serait le rythme avec le champs libre. Nous ne savons pas combien de tours il pourrait faire avec les ultra-tendres. Donc c'est pour cela que nous ne l'avons pas fait rentrer aux stands. Nous savions que nous reprendrions la piste derrière Verstappen, et que nous serions sous la menace de la Ferrari. C'est pour cela que nous avons arrêté Valtteri en premier. »

Des inquiétudes sur les pneus et le rythme de Vettel

Pour expliquer sa consigne de course, Mercedes a mis en avant le blister, l'apparition de cloques, sur les pneus de Lewis Hamilton. L'Anglais a attaqué après son premier arrêt, pour doubler Sebastian Vettel, et il n'a eu besoin que d'un tour pour reprendre l'avantage. Il a légèrement endommagé ses pneus et c'est pour cela que Mercedes a voulu le protéger d'une attaque de Vettel, en plaçant Valtteri Bottas entre les deux hommes. L'équipe ignorait l'évolution de l'état des pneus.

« C'était une petite inquiétude, on a pu voir à la télévision qu'il y avait une ligne au milieu du pneu, » précise Shovlin. « Cela aurait pu être pire, mais quand on attaque au début d'un relais, (les pneus) ont beaucoup d'adhérence et beaucoup de gomme. C'est ce qui les rend si vulnérables au blistering. Le problème est qu'on ne sait pas avant bien plus tard dans le relais, quand le pneu a subi une dégradation, quel est le problème que l'on a créé. »

Mercedes ignorait si Vettel pouvait tenter une attaque sur Hamilton : « Il y a des choses dont nous n'étions pas certains, » reconnaît Shovlin. « L'une d'entre elles était le rythme de la Ferrari en pneus tendres. Nous avons vu que dans le premier relais, c'était très, très difficile de creuser un écart, donc nous savions qu'ils étaient rapides. L'autre aspect était que tout le monde était derrière Verstappen, donc les écarts se resserraient. Il restait en piste, donc il aurait pu bénéficier d'une voiture de sécurité et nous étions inquiets que les voitures se regroupent. Cela serait devenu chaotique, Sebastian aurait pu faire une manoeuvre. Ces choses sont très difficiles à calculer mais nous avions vraiment une inquiétude. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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