Publié le 03/01/2019 à 10:37

F1 - Quand Brawn a découvert Schumacher

F1 - Ross Brawn livre ses souvenirs avec Michael Schumacher

La carrière de Michael Schumacher, qui fête ses 50 ans, est intimement liée à celle de Ross Brawn. L'Anglais a partagé ses souvenirs avec l'Allemand.

Michael Schumacher fête ses 50 ans ce jeudi. L'Allemand a le plus grand palmarès de la F1, avec 91 victoires et sept titres. Seulement trois de ces succès ont été conquis dans des voitures dont la conception n'était pas supervisée par Ross Brawn. L'Anglais était le directeur technique de Benetton, avec qui il a remporté ses deux premiers titres, et il a rejoint Ferrari un an après lui, pour l'aider à remporter cinq titres supplémentaire. Brawn a par la suite dirigé Mercedes, l'équipe avec laquelle Schumacher a fait son retour de 2010 à 2012.

Les deux hommes ne se sont pourtant pas rencontrés en Formule 1. En 1990 et 1991, avant de faire ses débuts chez Jordan, Schumacher roulait pour Mercedes en endurance. Ross Brawn était alors le directeur technique de l'équipe rivale, Jaguar, et il avait décelé le talent de Schumacher.

« L'année où nous avons remporté le championnat avec Jaguar (en 1991), notre seule véritable concurrence, sincèrement, était Michael dans la Mercedes, parce que les autres pilotes étaient loin d'être aussi bons, » se souvient Brawn dans un épisode de Beyond The Grid, le podcast de la F1, dédié à Schumacher.

« En endurance, il fallait être rapide mais aussi penser au carburant, des relais à moitié à l'économie en course. Mais il faisait des temps comme s'il avait moins de carburant que les autres, et il faisait largement mieux. »

« Nous avons un peu profité du fait que la direction de Mercedes donnait un temps égal à ses pilotes dans la voiture, donc Michael nous menait la vie dure puis les deux autres nous facilitaient un peu la tâche. »

Ross Brawn a rejoint Benetton en F1 et avec Tom Walkinshaw, directeur de l'ingénierie de l'équipe mais aussi responsable de l'engagement des Jaguar en endurance, il a tenté de convaincre Flavio Briatore, le patron de l'équipe, de recruter Michael Schumacher. Des discussions ont eu lieu mais Briatore avait des doutes : « Il n'était pas convaincu parce qu'il ne savait rien de Michael Schumacher, » se souvient Brawn. Il a fallu attendre les débuts de l'Allemand chez Jordan, à Spa, pour que Briatore soit séduit, et le recrute dès la course suivante. « L'histoire de Flavio qui découvre Michael Schumacher est un peu exagérée ! » s'amuse Brawn.

Schumacher a été au sommet pendant longtemps

Ross Brawn a travaillé avec Michael Schumacher du début à la fin de sa carrière. Lorsqu'il doit choisir la période où il était au sommet de sa carrière, il a du mal à en choisir une, même si ses cinq titres consécutifs avec Ferrari sortent du lot, de 2000 à 2004.

« Je dirais les années Ferrari, au début des années 2000, » indique Brawn. « Nous étions assez dominants. Mais il gagnait des courses qu'il n'aurait jamais dû gagner. Il était majestueux à cette époque. Il était impressionnant à voir. Sa vitesse, sa constance, ses méthodes de travail avec l'équipe. C'était une période assez spéciale. »

« Quand on cherche le sommet (de sa carrière), on parle d'une personne au sommet durant la plus grande partie. On compare des performances très élevées, à chaque année. En 1994, quand il a gagné son premier championnat, il était incroyable. Nous avions une très bonne voiture, mais il était tout simplement exceptionnel. »

« C'est dur de trouver un sommet, parce qu'en un sens cela a été constant, à un niveau tellement élevé que c'est difficile de ressortir (un moment). »

« Je pense que ce qui m'a le plus impressionné dans la carrière de Michael, c'est 2005 et 2006. Les décisions autour des pneus étaient contre nous. Nous avions développé une voiture avec Bridgestone, avec un petit réservoir, faite pour faire plusieurs arrêts. Il y avait beaucoup d'arrêts. C'était un des éléments de notre domination. Fin 2004, la FIA et Bernie (Ecclestone, alors gestionnaire commercial de la F1) ont décidé d'imposer de faire toute la course sur un train de pneus, ce qui a totalement nuit à la philosophie de la Ferrari à cette époque, et des pneus Bridgestone, qui avaient une adhérence et une dégradation fortes, mais des performances fantastiques. Cela convenait mieux à Michelin. Nous sommes passés d'une domination (...) à prendre un tour face à des voitures que nous n'avions pas vu venir l'année précédente. »

« La façon dont Michael est resté motivé et concentré à cette époque est à mettre à son crédit. Il a énormément travaillé et nous avons failli gagner en 2006. Il y a eu plusieurs incidents qui nous ont fait perdre le championnat en fin de saison, mais nous étions des prétendants alors qu'au début du changement de règlement, c'était embarrassant. Nous ne savions pas si les pneus tiendraient toute la course. Cette règle était faite pour nuire à Ferrari. »

Brawn est admiratif de la façon dont Schumacher gérait les difficultés : « Une de ses forces était de garder ces soucis en privé, » estime-t-il. « Il ne se plaignait pas hors de l'équipe. Il pouvait être en colère mais il n'allait pas dans les médias pour se plaindre de quelqu'un. Il défendait et soutenait toujours son équipe. Il pouvait être plus direct en privé, mais c'est normal. »

Schumacher était apprécié dans toutes les équipes pour lesquelles il a roulé : « Les gens qui ont travaillé avec lui n'ont jamais eu une mauvaise chose à dire à son sujet. »

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Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)3

samedi 05 janvier 2019 à 22:05 samousse99 dit : des nouvelles règles contre Ferrari

vendredi 04 janvier 2019 à 19:12 @leon dit : Tout comme les Michelin était fait pour les Renault. A chacun ses magouilles.

jeudi 03 janvier 2019 à 18:03 leon dit : Ross avoue enfin la collusion FERRARI/BRIDGESTONE : les pneus Bridge étaient faits pour FERRARI et Schumi et tous les autres n'avaient pas leur mot à dire . Magouilles de F1