Supertest Alpine A110 (2018) : à l'ancienne !

Alpine A110 (2018) : supertest sur le circuit du Mans avec Christophe Tinseau

Le temps ne semble pas avoir de prise sur l'A110. Celle des années 60-70 brillait davantage en rallye que sur circuit. Sa descendance rectifie-t-elle le tir ?

C'était dans le cahier des charges : produire un coupé facile d'accès, mais qui n'oublie pas le plaisir de conduire. Comprendre : une auto à bord de laquelle le flot d'émotions ne se tarit pas. Si l'on s'en tient à cette exigence, Alpine a parfaitement réussi son coup. L'A110 est-elle la plus rigoureuse de ce segment ? Non. La plus performante ? Non plus. La moins chère ? Loin de là. La mieux finie ? Absolument pas.

Pourtant, la française fait plus que réussir son retour : elle s'impose comme le petit coupé sportif le plus sympa à conduire. Après, le tout est de savoir si une auto qui fait rire est recommandable pour une utilisation quotidienne. Première bonne nouvelle : malgré ses surfaces vitrées restreintes, l'Alpine n'effraiera pas les claustrophobes. Même les grands y logent sans contorsions, mais l'absence de réglage du dossier (les baquets sont monocoque) oblige à revoir sa position habituelle. En cela, elle se démarque totalement de sa grand-mère homonyme.

Le design du poste de conduite ne ressemble pas à celui d'une Renault, mais comme il en emprunte certaines commandes, on n'est clairement pas à bord d'une Porsche Cayman. Plastiques durs, Commodo que l'on croyait abandonnés depuis l'interdiction de la calèche dans les rues françaises, ajustements bôf : heureusement que la position de conduite est parfaite pour redorer un peu son blason. Car si l'on s'en tient strictement au prix de cette Première Edition (58.500€), de tels défauts sont impardonnables, d'autant plus que, même si la vocation de l'Alpine n'est évidemment pas familiale, ses deux coffres sont bien moins pratiques que ceux du Cayman. Mais l'A110 a bien d'autres qualités qui font oublier ces griefs.

Bonne à tout faire

En optant volontairement pour une suspension douce, l'A110 se montre très conciliante sur les longs trajets. S'il n'y avait ce souci de chargement, elle serait même idéale pour partir en week-end. Ni trop basse pour scalper les ralentisseurs, ni trop large pour risquer de limer les jantes sur les rebords des parkings, ni trop contraignante pour avoir à se contorsionner aux péages. Bref, elle est bonne à tout faire.


Surtout à jouer ! L'A110 est marrante, à condition d'y mettre les formes. Primo, activer le mode Track, obtenu après une pression de trois secondes sur le bouton... Sport. Ce dernier influe sur l'assistance de la direction, la sonorité, la réponse moteur, la célérité de la boîte à double embrayage. En Track déjà, l'Alpine se montre plaisante sur le steering pad de Mortefontaine. Un lever de pied et hop, l'arrière embarque. L'électronique veille suffisamment au grain pour ne pas terminer en tête-à-queue, mais le contrebraquage est fortement conseillé. Il devient indispensable par la suite. En Off, l'A110 se conduit à l'ancienne. Transferts de charge, le nez reste à la corde, l'arrière veut passer devant et c'est parti pour prendre le virage comme à la belle époque du Monte-Carlo. Si elle est facile d'accès, téléphone beaucoup et se montre équilibrée, attention néanmoins à ne pas trop en faire. Mais pour l'instant, c'est l'heure des mesures.


Et les premiers essais ne sont guère concluants, la faute à une procédure de launch control très capricieuse. L'anneau mettant en défaillance l'ESP (comme d'ailleurs pour toutes les autos qui s'y dégourdissent les roues), le départ optimisé est refusé par l'ordinateur de bord. Alors, on part comme on peut. 4''7 pour taper 100 km/h : ce n'est pas si mal, Alpine annonçant deux dixièmes de moins. Le mille est l'affaire de 23''4, soit exactement le temps d'une Alfa Romeo 4C, l'une des principales concurrentes. Le son émis par le 1,8 litre Renault est d'ailleurs très proche de celui de l'italienne. Du couple très tôt, un bruit rauque, un bloc très linéaire : la mécanique ne prend pas aux tripes mais fait le job. Qu'attendre de plus d'un modeste 4 cylindres prévu pour déplacer des compactes ?
Coup de bol, en milieu d'après-midi, le message d'erreur a disparu. Le launch control est autorisé, l'A110 s'élance fissa et... 4''8 et 23''6. No comment ... D'autant que nous n'aurons eu droit qu'à une seule tentative, l'électronique se mettant de nouveau en branle au moment de s'élancer pour le second run.

Plongée, roulis et... souris !

L'arrivée au Mans est assez paradoxale. On ne cache pas une certaine fierté de ramener un coupé sportif français dans ce haut lieu de l'automobile. Mais on prévient aussi notre pilote que mouvements de caisse importants et performances tout juste correctes ne devraient pas permettre à la belle bleue de figurer dans le haut du panier. « Peut-être, mais ils l'ont quand même vachement réussie », assène-t-il. Dès son premier tour lancé, Christophe avoue s'être fait peur. « Elle est partie brutalement de l'arrière à la courbe Dunlop, et je ne suis pas passé loin de la correctionnelle ! »


Nous qui jugions l'A110 prévenante et progressive... « A allure raisonnable, peut-être, mais à haute vitesse, mieux vaut être très attentif. » Plongée sur la Chapelle : ce freinage n'a jamais aussi bien porté son nom. L'Alpine pioche de l'avant, se couche ensuite sur son flanc gauche et réclame de la patience, entre un sous-virage marqué à l'accélération et un arrière très vif sur les freins. Puis vient le Musée, où la glisse est tellement naturelle qu'il est difficile de ne pas y succomber. En sortie, c'est la moquette verte au-delà du vibreur qui semble attirer la française. La suspension manque de fermeté, c'est indéniable. Cela représente un vrai plus pour une utilisation quotidienne, mais un problème pour qui prétend venir tailler des croupières aux GT lors des sorties circuit. Surtout que les Michelin Pilot Sport 4 (pas S) n'offrent pas une accroche en latéral au-dessus de tout reproche. Mais ne tirons pas sur la firme de Dieppe, car tous ces griefs, l'usine les a délibérément souhaités.


Rappelons-le : le but de l'A110 est de renouer avec le plaisir de conduire, quitte à faire l'impasse sur l'efficacité pure. Ceux qui la recherchent se tourneront vers un Cayman PDK, qui se paye en prime le luxe d'être moins cher que l'A110 (hors options, évidemment). Pardon ? Oui, même si l'Alpine serait plus performante que l'allemande (nous n'avons pas pu mesurer un Cayman de base), son positionnement tarifaire a de quoi faire tiquer.

Le poids, cet ennemi

Même si notre modèle d'essai est légèrement plus lourd que prévu (1 110 kg au lieu de 1 103), qu'il est agréable de prendre place à bord d'une auto qui virevolte ! Outre le plaisir au volant, l'intérêt réside également dans les freinages. La distance d'arrêt est pourtant très médiocre (146 m), voire mauvaise pour une auto de ce gabarit.



Tempérons en précisant qu'une 4C fait à peine mieux (144 m) et qu'il n'y a bien que l'Elise, dans sa configuration Cup Racer, qui tire son épingle du jeu (138 m). Mais si notre radar n'est pas tendre avec l'Alpine, le ressenti sur circuit est bon. « La pédale devient un peu dure après quelques tours, mais je ne me retrouve pas au plancher », renchérit Christophe. Précise et dense, la direction colle parfaitement à l'image de l'auto. On est loin des coups de hache générés par le moindre raccord dans une 4C. L'assistance électrique a le bon goût de ne pas devenir trop lourde en Sport ou Track. Bien vu de la part d'Alpine, qui évite de tomber dans ce travers. Reste que, à titre personnel, je trouve le guidage de l'Elise plus consistant et informatif.


Après le double droit du Garage-Vert, on écrase sans arrière-pensée. Le rupteur intervient à 6 850 tr/mn, mais le 1,8 litre manque de souffle après 5 800 tr/mn, comme en témoigne notre passage sur le banc de puissance. Le couple étant constant de 2 500 à 5 000 tr/mn, on peut même s'autoriser une erreur de rapport en sortie de virage sans que le chrono en pâtisse trop.


Arrive le virage du Musée, où la glisse est tellement naturelle qu'il est difficile de ne pas y succomber ! Au final, que penser de cette excursion sur le Bugatti ? L'Alpine devance sa rivale de chez Alfa (1'57''20), fait le même temps qu'une F-Type R mais se retrouve à près de 3'' d'un 718 Cayman S de 350 ch mais au rapport poids/puissance similaire (4,1 kg/ch, contre 4,4 pour l'Alpine). L'A110 est une réussite, c'est indéniable, et son comportement fun et équilibré la prédestine à tout amateur, avisé ou non. Mais ceux qui cherchent à battre le chrono devront se tourner vers la préparation pour raidir la suspension et optimiser le moteur. Ou attendre la version Sport, qui est en phase de validation...

L'avis de Sport Auto

L' A110 a bien des défauts pour aller vite sur circuit, mais sa conduite suffit à les faire oublier. On aime sa gueule, son feeling, sa suspension digne d'un vraie GT. Cela faisait bien des années que l'industrie française n'avait rendu une copie aussi réussie.

Fiche technique

> Moteur : 4 cyl. en ligne, 252 ch à 6 000 tr/mn (Puissance mesurée 273 ch à 5 850 tr/mn), 32,6 mkg à 2 000 tr/mn 
> Transmission : roues arrière avec autobloquant, 7 rapports automatique
> Poids constructeur/contrôlé : 1 103/1 110 kg 
> Dimensions : L - l - h : 4 180 - 1 798 - 1 252 mm - Empattement : 2 420 mm - Voies AV/AR : 1 556 - 1 553 mm
> Pneumatiques : 205/40 & 235/40 R 18 
> Performances mesurées : 0 à 100 km/h en 4''7, 1 000 m D.A. en 23''4, 243 km/h
> Prix de base/modèle essayé : 54 700 €/58 500 €

Photo : Laurent Villaron / Sport Auto

Photo de Sylvain Vétaux

posté par :
Sylvain Vétaux

Réagissez

Commentaire(s)19

vendredi 11 janvier 2019 à 13:37 @mdr dit : C'est quoi que tu ne comprends pas dans le fait que cette voiture a été volontairement typé "joueuse" et survireuse ?

jeudi 10 janvier 2019 à 15:09 c-sprint dit : @mdr. C'est bien ce que je disais: t'as pas essayé l'Alpine, donc ton avis vaut que dalle... En tout cas pas plus que le mien. A partir de ce constat, toute discussion sur cette voiture tient du branlage de nouille. Sans rancune.

jeudi 10 janvier 2019 à 14:54 mdr dit : @ c-sprint. je possède un Cayman GTS de 2016. J'ai essayé l'équivalent en 718, pas mon affaire et je garde le mien. Alpine jamais testé et elle ne me donne pas du tout envie, notamment côté design, ça n'engage que moi. Mais le point de mon commentaire n'est pas la, ce que tu sembles pas avoir compris d'ailleurs... comparer une voiture de conception récente avec un concurrent d'une autre époque (Cayman) qui n'en est pas vraiment un car ça ne vise pas tout à fait la même clientèle, ce n'est pas très malin. Et par ailleurs il ne faut pas avoir testé toutes ces voitures pour le constater, voir le signaler, ça va de soi. Des nombreux tests effectués par des professionnels confirment que l'Alpine est une voiture a appréhender avec des "pincettes" car elle peut s'avérer dangereuse pour tout conducteur n'aillent pas une formation de pilote. C'est d'ailleurs ce que ce test dit si tu lis entre les lignes. Maintenant tu peux contredire tous ces professionnels qui l'ont poussé jusqu'à et au delà de ses limités. Mais je doute fortement que tu possèdes les capacités et le matériel de mesurage.

jeudi 10 janvier 2019 à 13:11 c-sprint dit : @mdr... Je suppose que tu as déjà essayé : - une Alpine - un Cayman de plus de 15 ans - un 718... Permets moi d'en douter. Il est quasiment impossible d'essayer une Alpine à l'heure actuelle car non-dispo. Le premier Cayman est sorti il y a moins de 14 ans et enfin préviens-moi quand t'iras chez Porsche pour un essai... Moi je l'ai essayé, mais quand tu pointes en Centre Porsche chez qui tu es client depuis des années, on te tends les clés avec le sourire. Donc, pour moi, celui qui n'est pas crédible c'est celui qui n'a essayé aucune de ces caisses. A bon entendeur

jeudi 10 janvier 2019 à 12:18 mdr dit : Ils me font rire ceux qui comparent un Cayman de plus de 15 ans d'âge a cette Alpine récente. Commentaires totalement dépourvu de crédibilité ! Cette Alpine peut être sympa quand on la conduit comme un papi. Elle devient simplement dangereuse quand on la pousse. Ce n'est pas le premier test qui le démontre, faut vous rendre à l'évidence les gars. Voir également le test de l'élan ou elle à carrément échoué tellement elle est dangereuse que même des SUV ont fait mieux. Fait vous plaisir à son bord les gars. Mais je pris pour vous de ne jamais rentrer dans une situation extrême sur route normale avec vos Alpine car ça risque de vous faire mal, voir très très mal.

jeudi 10 janvier 2019 à 08:56 c-sprint dit : Possesseur d'un Cayman S de première génération, si je devais essayer d'oublier mon flat6 et ses vocalises, je partirai certainement vers l'Alpine et non un Cayman. En effet, la pilule du 4 pattes serait moins dure à avaler sur une "Renault" que sur une Porsche malgré toutes les qualités du 718. Mais au prix affiché par l'Alpine et au vu de son délai de livraison je garde sans regret ma belle.

mercredi 09 janvier 2019 à 20:25 Un simple conducteur dit : Exact désolé c'est 245 CV je me suis trompé de touche. Pour le "pingouin Dan" faut apprendre à lire. "mis à part le bruit du 6 cylindre" cela veut dire qu'il était très bien et bien plus agréable que n'importe quel 4 cylindres. Pour le reste je vous laisse à vos rêves. La différence entre vous et moi.....Moi je n'essaye pas je possède régulièrement des voitures de ce type. Cordialement.

mercredi 09 janvier 2019 à 18:01 bimbamboum dit : @u simple conducteur: un cayman de 248 ch, ça n'existe pas

mercredi 09 janvier 2019 à 17:56 bimbamboum dit : gna gna gna! commentaires de merde! Soyez content qu'une marque Française sorte enfin une vraie voiture de sport (et pas une brouette qui tire dans le volant!)

mercredi 09 janvier 2019 à 16:11 Dan dit : Parce que tu crois que le bruit du misérable 4 cylindres Renault est plus agréable? Il n'a rien dans le sac ce moteur, la boite, les freins sont une misère, sans parler de la fiabilité de l'ensemble ! Quant à la tenue de route Chez Renault, chaque jours un bruit nouveau ! J'ai essayé un Cayman d'entrée de gamme, je peux te dire que la finition est nettement aussi de celle de l'Alpine, sans parler de la fiabilité légendaire de Porsche, même après une utilisation intensive sur circuit !

mercredi 09 janvier 2019 à 15:18 Un simple conducteur. dit : Bonjour, j'ai la chance d'en posséder une depuis juin 2018....Avant j'avais un Cayman 248CV. Je ne suis pas un spécialiste mais je peux vous dire qu'il n'y a pas photos entre la Cayman et l'Alpine et contrairement à certains commentaires, un peu vous ! l'Alpine est très au dessus. Mis à part le bruit du 6 cylindres et une finitions légèrement au dessus (arrêter de ne parler que du commodo !) Cet voiture n'est pas faite pour le circuit, elle se conduit chaque jour avec un plaisir insoupçonnable. Pour partir en week-end elle est parfaite 2 Valises + Un sac complet à l'arrière suffit largement pour 2 à 6 jours. Un service Alpine qui commence à être bien, ils ont encore besoin de s'améliorer mais cela va dans le bon sens. Et je ne vous parle pas du cout d'entretien du Cayman qui à mon cher pour de l'entretien régulier. Nous attendons sur 2019 les sorties que prévoit Alpine pour encore prendre plus de plaisir. Bien cordialement.

mercredi 09 janvier 2019 à 15:05 @jolasoie dit : Non bien sûr, pour toi le plaisir c'est de faire un 0-100 en ligne droite :) Surtout pas de virage, paraît que ça tourne.

mercredi 09 janvier 2019 à 15:03 @Dan dit : Tête d'âne, ton Cayman il faut rajouter 10000€ d'option pour qu'elle soit valable. Ton Cayman avec son moteur qui fait un bruit ridicule d'une vieille Cox mdrrrr.

mercredi 09 janvier 2019 à 13:31 Dan dit : Elle tient pas bien la route, freine très mal, l’électronique est capricieuse, la finition est moyenne, un Cayman strictement de base est largement plus intéressant, désolé, mais Alpine a pourtant eu le temps de finaliser son modèle !

mercredi 09 janvier 2019 à 13:29 Jolasoie dit : Arrété de pleurer les les pti fans, l Alpines est une savonnette, elle par dans tous les sens, s est pas sa le plaisir de conduire

mercredi 09 janvier 2019 à 11:24 @jolasoie dit : l'Alpine est pensée pour procurer du plaisir, plus que la Porsche visiblement. Elle est amusante sur circuit et confortable pour une utilisation quotidienne a l'inverse de l'Alfa et la Lotus. Si tu veux de l'efficacité, tu prends un Mégane RS trophy, et la bye bye le Cayman ! M'enfin, la jalousie et le mépris font dire n'importe quoi.

mercredi 09 janvier 2019 à 06:33 Chris dit : @jolasoie; a part la finition, la consommation et le prix ... supérieurs, le Cayman n’a pas grand chose à proposer de mieux, notamment le plaisir de conduite supérieur de l’A110; et c’est le plus important sur ce type de voiture !

mercredi 09 janvier 2019 à 05:15 stephane 17 dit : A l ancienne veut dire , légère sans déborder de puissance et restée simple sans superflu artificiel...Le plaisir des choses simples! mais ça, les allemands ils savent pas faire! l ostentatoire et le grossier ça ils savent faire! bravo alpine et c est génial de revoir apparaître une marque comme ça! même pour la création de la marque DS qui demarre vraiment maintenant.

mardi 08 janvier 2019 à 23:04 Jolasoie dit : En gros en s'amusant avec elle ne tient pas la route, comment comparé sa avec une Porsche