Publié le 25/02/2019 à 09:52

F1 - Ce que révèle le documentaire de Netflix

F1 - Plusieurs révélations dans Formule 1 : Pilotes de leur destin

Sport Auto a pu voir en avant-première quatre épisodes de Formule 1 : Pilotes de leur destin, le documentaire de Netflix. En voici les principaux enseignements.

Le 8 mars prochain, Netflix mettra en ligne Formule 1 : Pilotes de leur destin (Formula 1 : Drive to Survive, en version originale), un documentaire sur les coulisses de la saison 2018 de F1. Nous avons pu voir les quatre premiers épisodes de cette série, qui en comporte 10.

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Le documentaire choisit de montrer avant tout l'aspect humain de la Formule 1, souvent invisible durant un Grand Prix. Il montre les histoires parfois méconnues et cachées qui font le championnat. Le documentaire se concentre peu sur les résultats des courses et fait même l'impasse sur plusieurs d'entre elles, lorsqu'elles ne servent pas le sujet principal d'un épisode, pour mettre plutôt en avant des histoires qui racontent la vie de la F1, en piste et hors des circuits, avec leur lot d'émotions, de doutes ou de politique.

Chaque épisode prend la forme d'une série qui raconte une double histoire, pour mettre en perspective deux équipes ou deux pilotes, avec une mise en scène travaillée, que ce soit dans le choix des images, de la musique et même des bruitages. Les images de courses utilisent de nombreux angles et les commentaires des radios, non censurées.

Les équipes ont donné un accès inédit aux équipes du documentaire, et les différents acteurs de la F1 affichent une sincérité rarement vue... qui peut aller jusqu'à des moqueries. A Barcelone, Jonathan Neale, l'un des managers de McLaren, prédit avant le départ que Romain Grosjean ne passera pas le premier virage. Le Franco-Suisse provoquera finalement un gros accident au virage 3, ce qui fera sourire les membres de McLaren.

Mercedes et Ferrari sont les grandes absentes du projet. Les deux meilleures équipes du plateau en 2018 n'ont pas voulu de caméras dans leurs coulisses et une part très importante de ce qui a fait la saison manque donc au documentaire. « J'ai l'impression qu'ils rendent un mauvais service aux supporters et au championnat en ne participant pas, » a déploré Paul Martin, l'un des producteurs du documentaire, interrogé par le Daily Mail.

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Faute de raconter la lutte pour le titre, les épisodes évoquent la vie de toutes les autres équipes, quitte à créer des duels un peu factices, notamment entre Carlos Sainz et Fernando Alonso. Un fort accent est mis sur Red Bull, qui évoque toutes les questions sans détours.

Horner et Abiteboul, détestation cordiale

Un épisode est consacré aux tensions entre Red Bull et Renault, à travers leurs patrons respectifs, Christian Horner et Cyril Abiteboul. Horner se plaint de « payer un billet en première classe » pour finalement obtenir une « place en classe économique » avec le moteur français. Abiteboul estime que Red Bull a « franchi la ligne rouge. » Quand Red Bull choisit finalement de s'associer à Honda, au Red Bull Ring, la première rencontre entre Horner et Cyril Abiteboul, le directeur général de Renault, est filmée. Abiteboul feint de fuir Horner du regard, avant que les deux hommes ne plaisantent de la situation.

Le documentaire évoque aussi les longues discussions entre Red Bull et Daniel Ricciardo autour d'une possible prolongation. Horner assure que la seule préoccupation du pilote est d'avoir un bon moteur en 2019, tandis que clan Ricciardo semble surtout craindre que Max Verstappen ne soit avantagé. A Monaco, Horner assure au père de Ricciardo que le Néerlandais n'est pas favorisé... ce qui n'empêchera pas le pilote de signer pour Renault, devenu l'ennemi juré. Ricciardo évoque clairement la volonté d'un nouveau défi, mais pas seulement : « Honda n'a pas encore fait ses preuves, » estime-t-il.

Abiteboul s'amusera de sa prise en arrivant à Spa : « Tu as besoin d'un pilote et d'un moteur, » lâche-t-il, hilare, à Horner. « Tu n'avais pas d'argent pour développer un moteur et maintenant tu en dépenses pour un pilote ? » répond Horner. « J'ai beaucoup d'argent, » rétorque Abiteboul. A la fin de cet épisode, Horner estime que Ricciardo a « fui le combat » face à Verstappen.

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Les doutes de Claire Williams

Chaque équipe vit une saison différente des autres et le documentaire s'attarde sur chacune d'entre elles. Claire Williams évoque sans équivoque l'année difficile de Williams, l'équipe familiale dont elle est la patronne adjointe. L'Anglaise décrit un « besoin de protéger l'histoire » de l'équipe et un refus catégorique d'en faire un Junior Team ou une équipe B d'un grand constructeur. « Plutôt mourir ! » confie-t-elle aux employés de Williams.

Claire Williams va jusqu'à se poser des questions sur sa présence à la tête de l'équipe : « Quand faudra-t-il que je parte ? » questionne-t-elle. « Peut-être que je ne suis pas la bonne personne pour faire ça. Suis-je assez compétente ? Ai-je les compétences ? »

Haas de « rockstars » à « clowns » à Melbourne

Le documentaire a suivi l'équipe Haas durant tout le week-end du Grand Prix d'Australie, où l'équipe a été très performante. Günther Steiner, le patron de Haas, est vu en train de prévenir les membres de l'équipe qu'ils doivent s'habituer à de nouveaux mécaniciens pour les arrêts aux stands. La suite est connue : Magnussen et Romain Grosjean abandonneront à cause de roues mal fixées.

« En Formule 1, les hauts sont très hauts, les bas sont très bas, » résume Steiner dans le documentaire. On le voit à plusieurs reprises en conversation téléphonique avec Gene Haas, le propriétaire de l'équipe. Dans une discussion avec l'Américian, Steiner estime que son équipe est passée pour « des rockstars » en qualifications et pour des « p****** de clowns » en course.

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La politique de Liberty

Ce documentaire dit enfin beaucoup de choses sur l'image que Liberty Media veut donner à la Formule 1, sans pour autant évoquer le groupe de médias américains, en charge des droits commerciaux depuis deux ans. Liberty a donné un accès total aux équipes du documentaire et Sean Bratches, le directeur commercial de la F1, en est même l'un des producteurs exécutifs.

Ce documentaire offre une nouvelle facette de la F1, plus humaine, en accord avec l'image que Liberty veut véhiculer. Il permet au public de créer un lien avec les pilotes, les patrons et toutes les personnes qui font vivre le championnat. Le choix de la plateforme Netflix montre aussi la volonté de se rapprocher d'un nouveau public, jeune, qui ne suit pas forcément la F1. Le documentaire n'est pas réservé qu'aux passionnés et il pourra même intéresser des personnes n'ayant jamais suivi la moindre course.

C'est probablement là que réside la force de Formula 1 : Drive to Survive, une capacité à révéler les coulisses du championnat aux supporters avertis, tout en faisant découvrir un univers très riche à un nouveau public.

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Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)3

lundi 25 février 2019 à 18:26 @garcia dit : Netflix est payant aussi... juste au cas où...

lundi 25 février 2019 à 14:49 CarCircus dit : Tu peux aller sur d'autres chaînes gratuites, comme tsr, rtl Allemagne, ou encore la tv belge pour regarder la F1.

lundi 25 février 2019 à 11:02 garcia72 dit : J'ai hâte de voir les épisodes... à défaut de regarder les GP (tv payante ) !