Publié le 08/05/2019 à 15:51

F1 - Allonger le calendrier est-il bénéfique ?

F1 - Les patrons d'équipes s'interrogent sur un calendrier plus long

Les patrons de plusieurs équipes doutent de l'intérêt d'allonger le calendrier. L'arrivée d'un budget plafonné pourrait mettre fin à cette nécessite.

Le calendrier tend à s'allonger depuis quelques années. Il y a 21 Grands Prix au programme cette année, un nombre déjà atteint en 2016 et 2018. Le calendrier comportait 17 courses il y a 10 ans, et 16 il y a 20 ans. Des épreuves comme celles de Barcelone et de Mexico sont menacées pour 2020 mais le calendrier tend à s'allonger.

Liberty Media, en charge des droits commerciaux, a confirmé une course à Hanoï pour 2020, et un accord avec Zandvoort devrait être annoncé avant la fin du mois. Des projets existent aussi à Miami ou à Londres, alors que Sepang aimerait réintégrer le calendrier.

Christian Horner, le patron de Red Bull s'inquiète de cette expansion, que les membres des équipes auront du mal à assumer : « Il faut réaliser qu’un week-end de Grand Prix est un événement long, pas pour nous mais pour les gens dans les stands, » a déclaré l’Anglais à Motorsport Week. « Pour plusieurs postes, 21 Grands Prix, c’est déjà beaucoup. »

Quel intérêt pour le spectacle ?

L’aspect logistique n’est pas le seul que les équipes prennent en compte. Un calendrier plus riche sera-t-il synonyme d’une meilleure saison ? Christian Horner se pose la question. « Je pense que nous arrivons à un point critique, » indique-t-il. « Il faut regarder comment on construit un week-end de Grand Prix. Faut-il autant d’essais ? (Faut-il faire évoluer) la durée de la saison ? Tous ces facteurs ont une influence sur les coûts, le plafonnement des budgets, etc, et est-ce qu’au final cela fera de meilleures courses ? »

« Les chapitres sont limités dans un livre, et nous voulons autant de chapitres passionnants que possible, que cela mène à une apogée. Nous voulons éviter la saturation. »

Cyril Abiteboul partage cette interrogation. Pour lui, la F1 doit aussi trouver le moyen d'exister face à toutes les offres de divertissement : « Il (faut) cet équilibre entre quantité, qualité, être attirant, offrir quelque chose de spécial, tout en étant capables d’exister dans ce monde avec de nombreux contenus et de nombreuses propositions, dans le domaine du sport, » précise le patron de Renault. « Nous devons réussir à nous distinguer dans l’espace actuel, et avec l’intérêt des médias pour la Formule 1. »

Pour Toto Wolff, chaque nouveau Grand Prix doit générer un intérêt évident avant de trouver sa place au calendrier : « Je pense que (Liberty) sait assez bien que s’il y a plus de courses, ils doivent être créatifs et (...) faire des courses très attractives, sur de nouveaux marchés » explique le patron de Mercedes Motorsport. Il doute aussi qu'un calendrier plus riche soit bénéfique : « Il faut (...) comprendre que la Formule 1 est un championnat qui attire beaucoup, qui est glamour, est que parfois, on fait mieux avec moins, » déclare Wolff.

Les coûts au coeur du débat

Augmenter le nombre de courses augmente mécaniquement les revenus. Un Grand Prix paie sa présence au calendrier et plus il y a de courses, plus il y a de contenu pour les diffuseurs, qui peuvent donc payer les droits plus chers, et plus il y a d'exposition pour les sponsors, dont les investissements peuvent augmenter.  « Pour notre entreprise, nous voulons augmenter nos revenus et la source évidente de revenus est de faire plus de courses, » confirme Wolff.

Cyril Abiteboul pointe les limites de cette stratégie. Elle pourrait prendre fin en 2021 : un plafonnement des budgets devrait être introduit et une équipe pourrait donc devenir viable financièrement avec des revenus plus faibles. Elle ne serait plus « esclave de ses revenus » selon les propos d’Abiteboul... ce qui mettrait fin à la nécessité d’allonger le calendrier.

« Avec le modèle actuel, la seule façon d’augmenter les revenus est d’augmenter les courses, ou au moins d’en garder autant, donc si nous pensons à l’avenir, nous devons changer de modèle financier, pour ne pas avoir besoin d’augmenter les revenus, » souligne le Français. « Cela implique de réduire les coûts, de réduire la nécessité de dépenser pour être performant. C’est peut-être l’un des éléments en faveur d’un budget plafonné. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)1

mercredi 08 mai 2019 à 17:41 a:tipik dit : Le plafonnement des budgets n'est pas la solution miracle au vu des nombreuses d'équipes qui n'ont pas les moyens de suivre l'idée de standardiser ne fera que ralentir la tendance car ceux qui pourront investir en R&D mettront le paquet pour se démarquer.