F1 - Monza, un circuit de vitesse et technique

F1 - Comment les pilotes abordent Monza, le Temple de la vitesse

Monza est surnommé le Temple de la vitesse. Les équipes apportent des ensembles aérodynamiques particuliers et le pilotage y est très technique.

La Formule 1 sera sur un circuit historique ce week-end. Monza est présent au calendrier chaque année depuis la première saison du championnat, en 1950, à l'exception de la saison 1980. Le tracé a évolué mais contrairement à Hockenheim, il a conservé son caractère de piste rapide et ses longues lignes droites, qui en font le Temple de la vitesse. Les équipes développent des ensembles aérodynamiques particuliers, pour réduire au maximum les appuis. Daniel Ricciardo aime les caractéristiques de cette piste.

« Monza est un superbe circuit, » déclare le pilote Renault. « C’est extrêmement rapide, c’est fantastique d’y piloter et c’est l’un des temps forts de l’année. Si vous êtes malin, vous pouvez y faire de beaux dépassements au freinage. D’ailleurs, j’en ai déjà quelques-uns à mon actif ! » Pierre Gasly estime aussi que les dépassements sont possibles en Italie : « On peut prendre l’aspiration derrière une voiture, ce qui est bien pour les duels avec d’autres pilotes, » indique le Français.

Nico Hülkenberg apprécie le défi proposé par Monza : « La piste est très rapide avec beaucoup de contraintes sur le moteur entre les vitesses élevées et le besoin de garder un certain élan tout au long du tour, » explique l’Allemand. « Nous avons des réglages avec peu d’appuis sur la voiture, les plus bas de la saison même, afin d’obtenir une bonne vitesse de pointe. »

Les longues lignes droites impliquent de gros freinages et elles sont séparées par des virages techniques : « Monza présente de grosses zones de freinage, dont le premier virage où l’on doit se montrer assez courageux, » estime Hülkenberg. « Les Lesmo, l’enchaînement des Ascari et, bien sûr, la Parabolica sont tous très amusants au volant quand on les négocie parfaitement. »

Une piste technique

La nature du circuit rend les monoplaces difficiles à piloter. Avec peu d'appuis, les voitures sont moins stables que sur les autres pistes.

« Si on regarde le tracé, il peut paraître très simple, avec très peu de virages, mais la difficulté vient du fait que que nous roulons avec des ailerons très petits, et donc avec très peu d’appuis, pour avoir la meilleure vitesse de pointe possible, » explique Gasly. « Cela signifie que l’on aborde les virages à 350 ou 360km/h, et qu’il faut freiner très fort. Il y a deux chicanes lentes et ensuite les parties les plus intéressantes sont Ascari, les Lesmo et la Parabloque, parce qu’avec si peu d’appuis, la voiture glisse à l’arrière. C’est un vrai défi pour les pilotes, c’est fantastique. »

Nico Hülkenberg précise qu'avec si peu d'appuis, la voiture « semble légère de prime abord » et qu'« il faut un peu de temps pour s’y habituer ». Sebastian Vettel, qui a décroché son premier succès à Monza, juge aussi cet aspect technique. « La voiture est assez légère et elle bouge beaucoup, a avec des ailerons très petits, ce qui peut rendre les points de freinage difficiles à trouver, » explique l’Allemand. « Il y a aussi des chicanes serrées et étroites, où il faut savoir jusqu’où on peut prendre les vibreurs. Ce n’est pas facile de trouver les réglages mais si on y parvient (...), c’est très agréable quand on trouve le rythme. »

Sergio Pérez estime que Monza impose un pilotage précis et minutieux, pour préserver les pneus : « Pour être performant, il faut être courageux sur les freins et attaquer les vibreurs, » souligne le pilote Racing Point. « En qualifications, avec peu de carburant, c’est un défi et il faut être précis. Il y a des portions vraiment agréables durant le tour, les virages Lesmo, par exemple, sont très difficiles. La Parabolique est aussi une courbe où il faut exploiter toute la piste. Contrôler la motricité est également important à Monza, parce que si on patine en sortant de courbe, on abime rapidement ses pneus. »

Une ambiance unique

Monza est l’une des courses où les supporters sont les plus nombreux. Les tifosi viennent en nombre, surtout pour soutenir Ferrari, mais les pilotes des autres équipes apprécient aussi cette ambiance.

« Les fans sont exceptionnels à Monza et leur passion est incroyable, » souligne Ricciardo. « Il y a beaucoup de fumigènes et un certain chaos, mais c’est plutôt cool de voir tout le monde basculer dans cette folie. J’attends toujours avec impatience la parade des pilotes à Monza. L’ambiance est électrique et cela vous motive encore plus au volant. »

Max Verstappen espère que le public ne viendra pas que pour Ferrari : « Monza a une grande histoire et ses supporters sont parmi les plus passionnés de l’année, » souligne-t-il. « Il y a beaucoup de rouge en tribune mais j’espère que l’armée orange sera également là pour nous soutenir ce week-end. »

Monza a d’autres avantages pour les pilotes : « Sur le plan gastronomique, la meilleure pizza du monde est à Monza, » estime Ricciardo. « Je pense en avoir pris sept en quatre jours l’an passé !

Un grand pays de karting

Antonio Giovinazzi est le seul pilote italien de la grille mais ils sont plusieurs à avoir vécu dans le pays. L'Italie est un grand pays de karting et certains pilotes y ont déménagé au tout début de leur carrière, comme Robert Kubica, Alexander Albon et Daniil Kvyat.

« J’ai vécu la plus grande partie de ma vie en Italie, » explique Kvyat. « Je vivais déjà en Italie à 11 ans, j’allais à l’école là-bas et je roulais avec une équipe de karting italienne. J’ai passé toute mon adolescence, jusqu’à mes 20 ans, en Italie, donc j’y ai passé 10 ans, ce qui signifie que l’Italie représente une grande partie de ma vie. J’ai beaucoup d’amis dans ce pays, je roule pour une équipe italienne, j’ai travaillé pour une équipe italienne, Ferrari, l’an dernier, donc c’est une partie importante de ma vie. Je suis reconnaissant envers beaucoup de personnes et envers l’Italie. »

« Quand je suis arrivé ici, j’étais un petit garçon, et je me disais que c’était une aventure. Nous savions que je devais franchir ce cap pour atteindre mes objectifs dans la course, parce qu’à cette époque, le sport automobile était peu développé en Russie alors qu’en Italie, il y a des courses de karting tous les week-end si on le veut. »

Daniel Ricciardo a des origines en Italie : « Je suis de descendance italienne et j’ai des cousins et de proches parents qui y vivent. Ce n’est pas de la famille directe, mais ils viennent quand même me soutenir. »

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)2

jeudi 05 septembre 2019 à 17:30 hmmm dit : Moi je trouve justement le mix de lignes droites et chicanes très intéressant à Monza. Tout comme c'était le cas sur l'ancien Hockenheim. En plus les pilotes adorent Monza tout comme ils adoraient l'ancien Hockenheim. Quant au Castellet, sans ou avec chicanes, ça reste un circuit fade et sans âme. Tourner sur un grand parking c'est pien pour faire des essais. Mais totalement ennuyeux pour y faire des courses. En plus les pilotes en raffolent pas...

jeudi 05 septembre 2019 à 16:50 cockernoir dit : Ce circuit tout comme Le Castellet et Le Mans gagnerait à perdre ses chicanes de m.... . Imaginez-vous le Speedway d'Indianapolis avec des chicanes ? 😎