Publié le 29/02/2020 à 18:00

Essai complet de la McLaren GT (2020) ! [vidéo]

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VIDEO. La McLaren GT est conçue pour avaler des kilomètres ? D'où l'idée d'un essai longue durée, au pas de course, pour jauger de ses capacités à voyager. 

Pour voyager, tout le monde fait des SUV mais McLaren persiste et signe avec la GT. En prêchant des convertis : « Vous pensez qu'une voiture performante à moteur central ne peut pas vous accueillir, avec vos bagages? Eh bien si ! Il y a beaucoup de place sous le hayon et dans les zones de stockage à l'avant. Pour vos clubs de golf, skis ou snowboards». Pas de 18 trous, ni de hors-piste en ce qui nous concerne, mais un slalom géant pour échapper à la grisaille parisienne. Cap à l'Ouest. Direction La Baule, en Loire-Atlantique, dont on nous vante le microclimat. Un bon millier de kilomètres aller-retour au trot, pour savoir où McLaren se situe sur l'échelle du Grand Tourisme.

Incognito, ou presque

Le démarrage de la McLaren est relativement discret. Quand une Aston Martin se réveille en bramant ou qu'une Lamborghini se lève en poussant un hennissement, la McLaren fait craquer son V8 dans un silence inattendu. En mode furtif donc, la GT décolle jusqu'à ce qu'une marée de mirettes se braquent sur son passage. Dans la circulation, la McLaren surfe sur les regards plissés qui tentent de déchiffrer son logo. Du grand classique : « C'est une Ferrari ou une Porsche? » au plus pointu, mais loupé : « C'est un V10 ou un 12 cylindres ? ». Le V8 biturbo se relance et laisse Paris dans les rétros. La sortie du péage est l'occasion de relâcher la catapulte. Le 4 litres part comme un élastique, à condition de le tendre à 5000 tours. Rien à voir avec le 4 litres biturbo AMG de l'Aston Martin GT. Ni le 5 litres à compresseur de Jaguar, qui vous projette en avant au moindre mouvement du pied droit. En comparaison, le V8 McLaren sonne creux à bas régimes. Ses caractéristiques l'illustrent : avec un rupteur perché à 8500, une puissance à 7500 et couple maxi à 5500, on dirait (presque) un V10 d'Audi R8. Sauf en ce qui concerne la bande-son.

Aphone

Un premier arrêt à la station-service nous fait remettre une pièce dans la machine pour décoller. Cette fois en activant les modes track, moteur et châssis, histoire de jeter de l'huile sur le feu et monter le son des échappements sport qui équipent notre modèle d'essai. Mais rien à faire, impossible de retrouver les frissons d'une 600 LT, surtout en Spider, avec le toit fermé, quand on baisse la custode arrière et que les pots verticaux vous crachent des flammes dans le dos. Rien que d'y penser, j'en ai encore des frissons. En comparaison, les 620 chevaux de la GT sont beaucoup moins addictifs. Même motif et même punition en ce qui concerne la comparaison avec le caractère mécanique d'une Mercedes AMG GTC, bien plus envoûtant. Ce qui n'empêche pas à McLaren d'être explosif en matière des performances annoncées. Avec 3''2 seulement de 0 à 100 km/h en 9'' tout pile pour atteindre la barre des 200 km/h, la McLaren coifferait la nouvelle Lamborghini Huracan RWD sur le poteau. Il faut rappeler que McLaren conserve l'avantage sur la balance, grâce à sa cellule carbone, même si la GT est moins légère qu'une 570 S, et même si l'Huracan se déleste de ses roues avant motrices. Avec 1546 kilos vérifiés par nos soins, tous pleins faits, Woking conserve une longueur confortable sur la concurrence.

Vélo à réaction

Cap sur La Baule. L'agglomération de Saint-Nazaire est dans les rétroviseurs et le ciel s'éclaircit enfin. La route serpente et la McLaren est un poisson dans l'eau. J'ai beau faire un tour d'horizon de toutes les GT qui me sont passées entre les mains, depuis la Lamborghini Huracan jusqu'à l'Audi R8, en passant par la Bentley Continental ou l'Aston Martin Vantage... j'en arrive toujours au même constat : aucun train avant n'est aussi alerte et précis que celui d'une McLaren. La GT conserve les traits de caractère de ces surdouées du comportement. Il suffit de regarder la corde pour y plonger, et tourner le volant pour sentir l'accélération latérale s'imprimer dans les épaules. Le confort? Woking préserve un excellent filtrage en mode normal. Souple, mais pas trop, juste ce qu'il faut. En définitive la GT est belle et bien différente d'une 570 S, une 600 LT ou d'une 720 S. Aussi bien en termes de tempérament moteur que de réglages châssis. Avec un excellent compromis, sans dénaturer l'ADN d'une vraie McLaren, en matière d'agilité, de légèreté ou de facilité de conduite. Même si on aurait apprécié un V8 plus sonore et plus vibrant en mode sport. Découvrez nos impressions de conduite en vidéo et le reportage complet de cet essai dans le numéro daté mars 2020 de Sport Auto (n°698). 

Fiche technique McLaren GT

Moteur : V8, biturbo
Cylindrée : 3 994 cm3
Puissance maxi : 620 ch à 7 500 tr/mn
Couple maxi : 64.2 mkg à 6 750 tr/mn
Transmission : aux roues arrière, boîte robotisée 7 rapports
Poids annoncé/vérifié : 1 530 kg/1546 kilos
Rapport poids/puissance : 2.5 kg/ch
L - l - h : 4 683 - 2 095 - 1213 mm
Empattement : 2 690 mm
Pneus AV & AR
225/35 R 20 & 295/30 R 21
Carburant : 70 l
Prix de base : 199 500 euros
Prix de la voiture essayée : 267 500 euros
Performances annoncées
0 à 100 km/h : 3''2
0 à 200 km/h : 9''
400 mètres D.A. : 11''
200 km/h à 0 : 127 mètres

Photo : Greg / Sport Auto

Photo de Laurent Chevalier

posté par :
Laurent Chevalier

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