Publié le 03/03/2020 à 12:26

Quel avenir pour les Hypercars aux 24 Heures du Mans ?

Quel avenir pour le règlement Hypercar face aux LMDh en endurance ?

Le retrait d'Aston Martin fait de Toyota le seul constructeur pour le début des Hypercars aux 24 Heures du Mans. Le règlement LMDh pourrait changer la donne.

La suspension du programme d'Aston Martin dans la catégorie Hypercar, qui va succéder aux LMP1 à partir de la saison 2020-2021 du WEC, fait planer le doute sur l'avenir de cette catégorie en endurance et aux 24 Heures du Mans. Toyota, le seul autre grand constructeur engagé pour la saison 2020-2021, a assuré que le projet de son Hypercar, basée sur la Toyota GR Super Sport, est maintenu malgré le retrait d'Aston Martin.

« Cela ne change rien pour nous, hormis le fait que ce que nous imaginions pour la saison prochaine a changé, » a déclaré Pascal Vasselon, le directeur technique de Toyota, à Motorsport Week. « Nous devons voir qui sera sur la grille, et il n'y a rien d'autre à dire. C'est triste, évidemment. »

Quels seront les constructeurs engagés en Hypercar ? Peugeot va faire son retour en endurance mais le constructeur est attendu en 2022. Si ce retour se concrétise pour la saison 2022-2023 du WEC, cela signifie que les Peugeot ne reviendront au Mans qu'en 2023. Il y a un an, plusieurs constructeurs ont participé aux discussions ou exprimé un intérêt pour l'Hypercar, comme McLaren, Ferrari, Alpine et Lamborghini. Aucun d'entre eux ne s'est finalement engagé. A part Toyota, les seuls projets sont ceux de Glickenhaus, un constructeur avec un faible volume, et de ByKolles, une équipe privée.

Gérard Neveu, directeur général du WEC, a déclaré à Racer qu'il est « trop tôt pour dire » de quoi l'avenir de la catégorie Hypercar sera fait. « Nous avons appris la décision d'Aston Martin il y a quelques jours, » a-t-il précisé.  « Nous savons que certains projets avancent, comme ceux de Glickenhaus et ByKolles, mais il est vraiment trop tôt. » Neveu estime que la « première priorité est la convergence » entre les règlements de l'ACO, organisateur des 24 Heures du Mans, et l'IMSA, le principal championnat d'endurance aux Etats-Unis. Une convergence qui passera par une nouvelle règlementation, nommée LMDh.

Le LMDh, la réponse adéquate ?

Quelques semaines avant l'annonce d'Aston Martin, l'ACO et l'IMSA ont pris les devant en associant la création du LMDh. Cette réglementation permettra à un même prototype de participer aux épreuves du WEC, dès la saison 2021-2022, et de l'IMSA, à partir de 2022. Les LMDh (pour Le Mans, Daytona et hybride) pourront donc être alignées aux 24 Heures du Mans, aux 24 Heures de Daytona, aux 12 Heures de Sebring et à Petit Le Mans.

Les détails du règlement LMDh doivent encore être finalisés mais les grandes lignes sont déjà connues. Les châssis seront basés sur ceux des quatre constructeurs en LMP2, Dallara, Ligier, Multimatic et Oreca, et les équipes devront utiliser un système hybride commun, qui récupèrera l'énergie sur les freins arrières. Les équipes pourront choisir leur moteur. Le but est de permettre à ces voitures de se mesurer aux Hypercars pour la victoire au classement général.

Les équipes et les constructeurs doivent maintenant choisir entre Hypercar et LMDh. Peugeot, qui a perdu son partenaire Rebellion, pourrait transformer son projet Hypercar en une LMDh. Lamborghini a également exprimé son intérêt pour cette nouvelle règlementation.

Pour Toyota, un passage au règlement LMDh n'est « pas vraiment possible » selon Vasselon, puisque des pièces sont déjà en production : « Un retour en arrière est impossible, » précise le Français. Vasselon estime même que la philosophie du LMDh n'est « pas intéressante » pour un grand constructeur comme Toyota, qui fabrique ses propres châssis et utilise ses technologies hybrides.

Le WEC mise énormément sur le LMDh

Le WEC voit la convergence entre les règlements de l'ACO et de l'IMSA comme une nécessité. Seulement trois prototypes, les deux Toyota et la Rebellion-Gibson, étaient engagés en LMP1 aux 6 Heures d'Austin, la dernière manche disputée. Il n'y a que six prototypes LMP1 dans la liste des engagés pour les 24 Heures du Mans 2020, le plus faible nombre jamais vu. Gérard Neveu estime que la réglementation LMPDh est la meilleure réponse pour augmenter le nombre d'engagés dans la principale catégorie d'endurance.

« Comment assurer l'avenir ? » s'interroge Gérard Neveu. « Il passe par la convergence. Nous croyons en cette direction depuis longtemps. Nous devons répondre à la convergence et assurer l'avenir. Nous espérons que ce sera bien fait, la prochaine étape sera de gérer la période entre maintenant et le début de la convergence, en septembre 2021. »

L'ACO et l'IMSA devront trouver le bon équilibre entre les Hypercars et le LMDh, notamment pour contenter Toyota. Actuellement, le WEC impose des lests importants aux Toyota, ce qui a permis à Rebellion de s'imposer deux fois. « Nous devons nous adapter et faire en sorte que l'Hypercar et le LMDh fonctionnent ensemble, et trouver une compatibilité, » confirme Neveu.

Il pense qu'un compromis peut être trouvé : « Il faut discuter avec les partenaires et les équipes avec humilité, » estime-t-il. « Toyota participera aux discussions. Nous devons trouver le meilleur compromis. Ce n'est pas la situation idéale, mais ce n'est pas la pire. Quand on peut définir l'avenir, on peut trouver des solutions à long terme. Nous allons chercher la meilleure solution. »

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Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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Commentaire(s)1

mardi 03 mars 2020 à 14:51 leon dit : aucun .