Publié le 25/03/2020 à 13:25

GP d'Australie : Les débats n'étaient « pas du tout sains »

X
Prochaine vidéo dans 5Annuler Supertest Alfa Romeo Stelvio QV (2020)
Revoir la vidéo Vidéo suivante

Frédéric Vasseur déplore que les discussions sur l'annulation du Grand Prix d'Australie se soient déroulées dans un climat « pas du tout sain. »

Suite au cas de coronavirus déclaré chez McLaren, la décision du maintien du Grand Prix d'Australie est revenue aux équipes et des divergences sont vites apparues. Frédéric Vasseur, qui a immédiatement plaidé pour une annulation de de la course, estime que les discussions n'étaient pas saines.

« Nous nous sommes retrouvés à 10 équipes dans une chambre d'hôtel, pour savoir si nous roulions ou pas, » a expliqué le patron d'Alfa Romeo à Julien Fébreau, commentateur des Grands Prix sur Canal +, dans un échange publié sur les réseaux sociaux. « Chacun avait un avis divergeant. C'était le mauvais côté de la discussions. Quelques uns étaient plus tournés vers des soucis de performance immédiate qu'autre chose, et ce n'est pas très sain. »

L'unité souhaitée par les équipes s'est vite craquelée : « On a un petit groupe WhatsApp entre les Team Principals, » précise Vasseur. « Quand McLaren nous a annoncé qu'ils avaient un cas positif et qu'ils voulaient se retirer, nous ne pouvions pas ne rien faire. Nous avions discuté en amont et j'avais compris que toutes les équipes souhaitaient être solidaires. Je pense que deux ou trois équipes n'avaient pas eu la même lecture que moi de la discussion ! Pour moi, il était à peu près évidement qu'à partir du moment où une équipe touchée, cela n'avait pas trop de sens de rouler. »

Un accord difficile à trouver

Les équipes étaient divisées mais Frédéric Vasseur est resté ferme. Il a su faire entendre sa voix : « Il y en a un ou deux qui ont changé d'avis ! » s'amuse-t-il.

Ce n'est qu'après de longues discussions que l'annulation est devenue évidente pour la majorité : « Le consensus, nous avons eu du mal à l'avoir, » explique Vasseur. « La FIA nous avait dit qu'elle suivrait la majorité. Quand on est 10 (personnes), deux qui s'abstiennent et quatre-quatre, il n'y a pas vraiment de majorité. Il faut pousser les meubles pour faire de la place. »

Vasseur aurait aimé une décision prise « un peu plus rapidement » et il regrette également que les dirigeants de la F1 n'aient pas été plus actifs dans les discussions : « A un moment donné, il ne faut pas laisser le choix aux compétiteurs de savoir si on doit faire les courses ou pas. Cela peut-être trop géré par des intérêts sportifs à court terme, ou un potentiel résultat, ou pas, la semaine suivant. Ce sont les détenteurs des droits et l'organisateur sportif qui doivent décider. »

Alfa Romeo se serait retirée dans tous les cas

Selon le Corriera della Sera, les équipes immédiatement en faveur de l'annulation étaient Ferrari, Renault et Alfa Romeo, auxquelles il faut ajouter McLaren, qui avait déjà déclaré forfait. Alfa Romeo n'avait aucune intention de disputer la course et si elle avait été maintenue, l'équipe n'aurait pas roulé.

« Je l'avais dit dès le départ : "Vous pouvez décider ce que vous voulez, j'ai décidé de me retirer, je me retirerai", » explique Vasseur. Le Français comprend la tristesse des mécaniciens mais il jugeait la décision nécessaire : « Je pense qu'il y a des choses qui sont plus importantes qu'un résultat sportif, » souligne-t-il. « Nous étions dans un climat qui n'était pas du tout sain. Je ne suis pas Madame Irma, mais quand on se projette 10 jours après, on se rend compte que le monde sportif s'est arrêté. »

Les positions des équipes dépendaient également la situation dans leur pays. Durant cette réunion, l'Italie était déjà touchée et la France s'apprêtait à annoncer la fermeture des écoles. La situation était alors moins alarmante en Angleterre, où sont basées la plupart des équipes : « La perception de cette affaire, ce qui est parfait difficile à juger, (...) (était) complètement différente qu'on soit italien, basés en Suisse (comme Alfa Romeo), ou anglais, » confirme Vasseur. « Il y avait très peu de cas déclarés en Angleterre. On peut aussi avoir une vision globale. »

Sur le même thème :
- Australie : Todt juge les critiques « extrêmement injustes »
- Ricciardo pense que la F1 a « joué avec le feu » à Melbourne
- Vasseur demande des mesures de réduction des coûts en F1
- Grosjean déçu de la gestion de la F1 face au coronavirus
- GP d'Australie : Pourquoi la décision a pris autant de temps
- Les 10 programmes sur la F1 à voir pendant le confinement
- F1 2020 : Où suivre le championnat à la TV et en streaming ?
- Drive to Survive : Que nous apprend la saison 2 ?
- Calendrier F1 2020

Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

Réagissez