Publié le 31/03/2020 à 13:41

La course qui a changé la carrière d'Esteban Ocon

Le difficile parcours d'Esteban Ocon jusqu'à la Formule 1

La carrière d'Esteban Ocon a pris un tournant après une course de karting en 2009, qui a suscité l'intérêt d'Eric Boullier. Il revient sur cette période.

Le chemin d'Esteban Ocon jusqu'à la Formule 1 a été difficile. Ses parents ont fait d'importants sacrifices pour financer ses courses de karting et ils vivaient dans une caravane. Le nouveau pilote Renault reconnaît qu'il a « détesté » ses années en karting, en raison des nombreux moments difficiles. Sa carrière a pris un tournant lorsqu'il a disputé sa première course internationale de karting, à Zuera en 2009.

« A l'époque, c'était encore mon père qui se débrouillait, » a expliqué Ocon dans un échange avec Julien Fébreau, le commentateur des Grands Prix sur Canal +, publié par la chaîne sur les réseaux sociaux. « Mes parents essayaient de subvenir à tous les besoins. J'ai été champion de France minimes et champion de France cadets. Au niveau national, les budgets (...) n'étaient pas (très) gros. Mon père et ma mère ont réussi à payer une course en international. J'ai réussi à faire un très bon résultat. A l'époque, il y avait Nyck de Vries (aujourd'hui pilote de Formule E), Alex Albon... qui étaient les cadors du championnat. »

Cette course a marqué un tournant dans la carrière d'Ocon. Le Normand, alors âgé de 13 ans, a été remarqué par les dirigeants du programme Gravity. Cette structure destinée à aider les jeunes pilotes étaient détenue par Genii Capital, qui a ensuite racheté l'équipe Renault pour en faire Lotus, avant de la revendre au constructeur français.

« Nous avons été appelés par Gwen Lagrue, qui est maintenant un des chefs du programme junior Mercedes, et Eric Boullier (alors responsable de Gravity), » se souvient Ocon. « Nous avons pris le camion, juste après la course. Nous avons roulé jusqu'à Limoges. Le camion est tombé en panne. Mon père a réussi à le sauver. Nous avons réussi à arriver à Limoges, mais en retard. J'ai eu une discussion avec Eric Boullier. Je m'en souviendrai toujours : Eric m'a dit "Et toi, tu veux faire quoi l'année prochaine ?" et j'ai dit "Je veux gagner". Il me dit encore maintenant que c'est pour ça qu'il m'a pris dans le programme. Ces deux personnes m'ont recruté et ont sauvé ma carrière. »

Un coup d'arrêt en 2015

Le soutien de Gravity a permis à Ocon de gravir les échelons. Il a fait ses débuts en monoplace en 2012, en Formule Renault, et il a pris la troisième place du championnat d'Europe l'année suivante. En 2014, Ocon est devenu champion d'Europe de F3, devant Max Verstappen. Le programme Gravity s'est cependant interrompu et Ocon a dû trouver de nouvelles solutions. Il a remporté le titre en GP3 en 2015, avec ART, ce qui lui a permis d'intégrer officiellement Mercedes.

« Toute ma carrière, j'ai eu des comptes à rendre, mais eu la chance de travailler avec ces personnes, qui ont réussi à me trouver des budgets, des solutions, » rappelle-t-il. « Ils ont financé le karting et le début de la monoplace. Fin 2014, il a fallu trouver une autre solution, ce que avons réussi à faire avec Mercedes et Fred Vasseur, avec ART Grand Prix. J'étais obligé de gagner. Ensuite, on sait ce qu'il s'est passé. J'ai trouvé un baquet chez Manor (en F1). »

Ocon ne regrette pas les sacrifices durant son enfance et son adolescence : « Nous ne nous sommes jamais dit "Nous n'y arriverons pas", parce que nous avons toujours tout fait pour. Après, nous ne nous sommes jamais dit "Nous allons y arriver" non plus ! Ce n'est pas aussi facile que ça. Il y a eu énormément de sacrifices de la part de mes parents et j'ai eu une enfance très différente de tout le monde. Je n'en ai pas vraiment eu. Maintenant, (je n'ai) aucun regret. Où je suis maintenant, la passion que je vis, dans les plus belles voitures du monde... On ne peut qu'aimer notre parcours. »

« Des années ont été plus difficiles que d'autres. Cela n'a pas tout le temps été facile en karting. Je suis content d'avoir fait tout ça et le mérite en revient à mes parents, qui ont contribué à 95%. »

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Comment se sont passées les discussions avec Renault

La carrière d'Esteban Ocon a connu un nouveau coup d'arrêt après la saison 2018, quand il n'a pas pu rester chez Force India. Il a eu des discussions avec McLaren et Renault durant l'été 2018. Mercedes souhaitait placer Ocon chez Renault mais Daniel Ricciardo a été préféré au Français, et la porte McLaren s'était refermée. Ocon est devenu réserviste de Mercedes en 2019 et il est resté en contact avec Renault, qu'il rejoint cette année. Les discussions ont duré de longs mois.

« Ca ne se passe pas du jour au lendemain (avec) un petit oiseau qui arrive et dépose la nouvelle ! » s'amuse Ocon. « Ce n'est pas comme ça ! Ce sont des discussions tout au long de l'année, qui ont lieu sur plusieurs Grands Prix. Des discussions avec Toto (Wolff, patron de Mercedes), avec Cyril (Abiteboul, qui dirige Renault), avec Alain (Prost, conseiller de Renault), tout au long du début de saison. A un moment, on arrive à trouver une entente et un programme corrects. Tout le monde arrive à s'entendre sur les contrats. »

Après la déception de 2018, Ocon a préféré rester prudent l'été dernier : « On parle (à l'époque) de l'arrivée du contrat mais j'ai eu des mauvaises surprises par le passé, avec des contrats qui ne sont jamais arrivés. Je n'y crois pas tant que le contrat n'est pas sous mes yeux et que je peux le signer. Une fois qu'il est là, même si je peux le signer avec un cailloux, je le signe ! »

Esteban Ocon peut maintenant s'appuyer sur les conseils d'Alain Prost : « Depuis qu'on a commencé à bien discuter et à bien se connaître, même pendant ces discussions de contrat, il a été présent pour moi, quel que soit le moment, » se réjouit-il. « Cela a été super pour m'intégrer de la meilleure façon dans l'équipe et avoir des conseils pour mon retour. Je peux l'appeler à n'importe comment et il va me répondre. C'est une grande chance. »

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Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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