Publié le 09/04/2020 à 15:57

La F1 risque-t-elle une pénurie de pneus ?

La F1 risque-t-elle une pénurie de pneus après le coronavirus ?

La F1 veut enchaîner les courses après la pandémie de coronavirus... mais Pirelli pourra-t-il fabriquer suffisamment de pneus ?

La pandémie de coronavirus a poussé la F1 à repousser le début de sa saison mais le championnat envisage d'enchaîner les courses à un rythme effréné quand la situation le permettra, avec des séries de trois courses en trois week-ends, espacées d'un week-end de pause. Les équipes devront fabriquer plus de pièces de rechange et Pirelli devra accélérer la production de pneus. Le manufacturier pourra-t-il répondre à la demande ?

« Habituellement, nous demandons 14 semaines de préparation pour les courses outre-mer, » a expliqué Mario Isola, le responsable de la compétition automobile de Pirelli, à Auto Motor und Sport. « 15 semaines avant une course, nous devons choisir les trois composés. Ensuite, les équipes font leur sélections. En 14 semaines, nous devons fabriquer et fournir les pneus. »

Isola pense que Pirelli pourra fabriquer les pneus dans le temps imparti : « Dans ces circonstances particulières, nous pouvons apporter plus de flexibilité et réduire la durée (pour le choix puis la fabrication des pneus), » précise Isola. Pirelli aura cependant besoin d'être prévenue à l'avance puisque les usines tournent au ralenti actuellement.

Les pneus de la F1 et de la F2 sont produits à Slatina, en Roumanie, et ceux de la F3 en Turquie. Les pneus produits pour Shanghaï, une course reportée, sont stockés en Grande-Bretagne. Pirelli a également conservé les pneus fabriqués pour Sakhir et Hanoï. Ceux pour Melbourne ont en revanche été détruits, puisqu'il fallait les enlever des roues. Les replacer sur les roues aurait pu les endommager.

Certaines contraintes sont à prendre en compte

La Formule 1 étudie plusieurs possibilités pour la reprise du championnat. Aucun scénario n'est écarté et il est même possible que deux courses aient lieu durant un même week-end. Dans ce cas aussi, Pirelli devra s'adapter.

« Tout dépend du nombre de trains à fournir pour chaque voiture, » explique Mario Isola. « Pour le moment, la logistique est faite pour 1 800 pneus, que nous apportons à chaque course. Si nous devons en apporter 3000, il faudra plus de camions, plus de containers, plus de personnel. Ils y a aussi les limites du paddock. Peut-on imaginer d'apporter les containers pour 3 000 pneus, par exemple, à Montréal ? Il faudrait les mettre sur l'eau, parce qu'il n'y a pas d'autre endroit. Donc ce n'est pas qu'une question de pneus supplémentaires. »

« Il faut prendre en compte tous les effets des modifications du format de course. Nous pourrions évidemment mobiliser les personnels de la Formule 2, de la Formule 3 ou d'autres championnats. »

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Photo de Vincent Lalanne-Sicaud

posté par :
Vincent Lalanne-Sicaud

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