Publié le 16/07/2020 à 09:00

Ferrari n’est plus propriétaire du dessin de sa 250 GTO

Ferrari perd les droits du dessin de sa 250 GTO contre le carrossier Ares Design

Le design de la mythique et inabordable 250 GTO n’appartient plus à Ferrari. Le constructeur a perdu son procès face au carrossier italien Ares Design.

Ferrari a pour habitude de (sur)protéger, ce qui touche de près ou de loin à sa marque. Mais, là Ferrari vient de perdre gros. Le constructeur italien s'est fait déposséder des droits, du design de la 250 GTO, le modèle le plus emblématique de son histoire. C'est la carrossier Ares Design, originaire de Modène, qui a raflé la mise devant la justice. 

Que s'est-il passé ? 

En 2008, presque 50 ans après la sortie de son chef d’œuvre (le premier exemplaire a vu le jour en 1962), Ferrari décide de déposer auprès de l’EUIPO (Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle) une demande de renouvellement de ses droits sur son dessin. La demande du constructeur ne va malheureusement pas aboutir suite au recours déposé par le carrossier italien Ares Design. L’argument phare de cet indépendant devant la justice fût la règle du "use it or lose it" ("utilisez-le ou perdez-le" en français)... Si pendant 5 années consécutives, une société n’utilise pas une de ses propriétés intellectuelles, elle est en mesure de la perdre. 

La marque au Cheval Cabré a eu beau se défendre, l’EUIPO a donné raison à Arès. Les formes de la GTO ne sont donc plus la propriété exclusive de Ferrari. Toutefois, la Scuderia détient encore ce dessin pour la création de jouets et modèles dérivés miniatures. Ironie du sort... L’argument "utilisez-le ou perdez-le" a déjà été utilisé par le constructeur italien face à une association caritative italienne, il y a quelques mois. Cette dernière avait "osé" s’appeler "Purosangue" du nom du futur SUV au Cheval Cabré, qui tarde à se montrer...

Ferrari a déjà bataillé contre Ares Design

Ce n’est pas la première bataille entre Ferrari et Ares Design. En 2018, le carrossier italien avait fait part de son envie de fabriquer une série limitée de la 250 GTO, en utilisant la forme du coupé des années 60 et en reprenant des éléments de la 812 Superfast. "C’est une réinterprétation moderne, pas une copie" avait alors déclaré Dany Bahar, PDG d’Ares Design et ex-patron de Lotus.

Ferrari n’a pas été convaincu par cette approche de réinterprétation moderne et a donc poursuivi la société en justice. Cette fois-là, le point était revenu au Cheval Cabré. Le tribunal de Bologne avait considéré "la Ferrari 250 GTO comme une œuvre d’art qui ne pouvait être reproduite, en partie ou entièrement".

Ce n'est pas la première fois que la marque Ferrari subit un revers, puisqu'elle a perdu les droits d'utilisation de son célèbre nom "Testarossa" au profit d'un fabricant de jouets allemand dans un procès de 2017.

Photo de Olivia Chayette

posté par :
Olivia Chayette

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Commentaire(s)2

samedi 18 juillet 2020 à 10:00 garcia72 dit : ... et ça me rappelle un "faussaire" du midi de chez nous, ayant "refabriqué" ("par amour" et sans esprit de lucre) une 250 GTO sur base 250 GTE ! ... ("essai" dithyrambique paru dans une revue dans les 90s) ; Ferrari lui ayant fait un procès, il s'est finalement suicidé... "cher payé", vous ne trouvez pas ?

jeudi 16 juillet 2020 à 10:09 garcia72 dit : ... de toute façon, ce n'est pas mon dessin préféré : la 275 GTB, oui (Pininfarina)... Et tant d'autres GTO 64, 250/275 LM, 250 GT ('x' versions), 330 P4, 330 GTC, 365 GTB4 daytona, i tutti quanti !... Cdt.